Un coffre chargé jusqu’au toit qui masque toute visibilité vers l’arrière, un animal qui doit rester quelques minutes dans la voiture ou encore un passage aux rouleaux qui oblige habituellement à désactiver plusieurs automatismes : Mazda s’est intéressé à ces situations très ordinaires pour concevoir son nouveau CX-6e. Derrière l’avalanche de technologies de ce SUV 100 % électrique, le constructeur japonais défend en effet une idée assez simple : l’équipement doit faciliter l’utilisation de la voiture plutôt que la compliquer. Une promesse qui se traduit par plusieurs fonctions parfois étonnantes.
Un mode pour l’animal de compagnie… et un autre pour passer au lavage
Les voitures modernes proposent une quantité croissante de réglages, au risque parfois de transformer la moindre opération en parcours dans les menus de l’écran central. Avec le CX-6e, Mazda emprunte une autre voie pour certaines situations en regroupant plusieurs actions sous une seule commande.
Le SUV électrique dispose ainsi de quatre modes capables de modifier automatiquement plusieurs fonctions du véhicule. Deux d’entre eux retiennent particulièrement l’attention par leur caractère très concret.
Le premier, baptisé Pet Comfort, est destiné aux propriétaires d’animaux. Lorsque le conducteur quitte momentanément son véhicule en laissant son animal à l’intérieur, le système maintient une température constante dans l’habitacle. Mazda présente donc cette fonction comme une solution pour une absence temporaire et non comme un dispositif permettant de laisser durablement un animal sans surveillance dans la voiture.
Autre scénario, nettement moins sensible mais probablement plus fréquent : le passage dans une station de lavage. Le mode Car Wash prépare alors automatiquement le CX-6e en désactivant les essuie-glaces automatiques, en rabattant les rétroviseurs extérieurs et en fermant les vitres. Autant d'opérations élémentaires, mais que le conducteur n’a plus à effectuer séparément avant d’entrer dans les rouleaux.
Cette volonté de réduire le nombre de manipulations se retrouve également dans les commandes du véhicule. Le CX-6e reçoit un écran tactile de 26,45 pouces, soit environ 67 cm de diagonale, avec une fonction d’affichage en deux fenêtres. Quatre raccourcis personnalisables restent néanmoins présents sur le volant. La reconnaissance vocale, disponible en neuf langues, peut quant à elle servir à modifier la température, ouvrir les vitres ou lancer une destination. Mazda ajoute même une commande gestuelle pour accéder à certains itinéraires préenregistrés ou à la musique.
Le paradoxe est intéressant : le constructeur revendique un habitacle épuré et une utilisation simplifiée tout en installant un écran gigantesque et une multitude de fonctions numériques. Il faudra donc attendre un essai pour déterminer si cette profusion technologique se traduit réellement par davantage de simplicité au volant.
Coffre chargé jusqu’au toit ? Mazda a prévu le problème
La même logique apparaît avec une situation familière des départs en vacances : le coffre rempli au point de condamner la lunette arrière.
Sur la finition Takumi Plus, Mazda remplace les rétroviseurs traditionnels par des dispositifs numériques. Le rétroviseur intérieur n’utilise ainsi plus uniquement la vue à travers la lunette arrière : une caméra lui permet de continuer à afficher ce qui se passe derrière le véhicule lorsque les bagages sont empilés jusqu’au pavillon.
Les rétroviseurs extérieurs numériques reposent eux aussi sur des caméras. Mazda annonce un champ de vision élargi de 30 %, ainsi qu’une meilleure visibilité lorsque la luminosité ou les conditions météorologiques se dégradent. Il s’agit toutefois d’un équipement associé à la finition Takumi Plus et non d’une caractéristique commune à toutes les versions du CX-6e.
Ces caméras répondent également à un objectif esthétique et aérodynamique. Lors du développement extérieur du CX-6e, les designers ont cherché à intégrer l’aérodynamique dès les premières esquisses. Les rétroviseurs numériques, plus compacts que des rétroviseurs conventionnels, participent ainsi au profil épuré recherché par Mazda.
Le travail sur l’air ne s’arrête pas là. Des prises d’air intégrées au bouclier avant canalisent le flux à travers la calandre puis au-dessus du capot. Mazda explique avoir conçu ces éléments en même temps que les surfaces de carrosserie plutôt que d'avoir traité les contraintes aérodynamiques une fois le dessin arrêté.
Le CX-6e marque d'ailleurs une évolution du langage stylistique Kodo – L’Âme du Mouvement de la marque. Son dessin a été développé en Europe en collaboration avec les équipes japonaises de Mazda. Silhouette élancée, montant D donnant une impression de flottement, surfaces sculptées et travail sur les proportions doivent lui donner une apparence dynamique même à l’arrêt.
À bord, la simplicité revendiquée cache une impressionnante débauche de technologies
Mazda applique cette recherche de simplicité à l’aménagement intérieur. Le constructeur dit s’être inspiré du concept japonais de Ma, qui accorde une importance particulière à l’espace et à l’équilibre. Cela se traduit par une planche de bord très horizontale, un éclairage intégré et un toit panoramique pleine longueur destiné à renforcer la sensation d’espace.
La plateforme exclusivement électrique a également permis de repenser l’organisation de l’habitacle. Mazda affirme avoir travaillé sur le positionnement des commandes et des affichages afin de limiter les sources de distraction. Là encore, cette affirmation demandera à être confrontée à l’utilisation réelle du véhicule.
Car derrière cette recherche de dépouillement se cache une dotation particulièrement abondante.
Les occupants arrière disposent par exemple de leur propre écran tactile. Ils peuvent depuis celui-ci modifier le chauffage et la climatisation, commander le pare-soleil ou même déplacer le siège du passager avant afin de dégager davantage d’espace pour leurs jambes.
Plus spectaculaire encore, le système audio compte 23 haut-parleurs. Certains sont directement intégrés aux appuie-tête avant. Cette disposition doit notamment permettre au conducteur d’entendre les instructions de navigation ou de téléphoner sans imposer le son aux autres occupants. Dans le même temps, le passager avant peut connecter son propre appareil en Bluetooth et écouter sa musique.
Le smartphone prend également une place croissante dans l’utilisation du CX-6e. L’application dédiée permet notamment de partager une clé numérique avec trois autres utilisateurs au maximum via Bluetooth. Une seconde application, Mazda Charging, donne accès à des bornes publiques du réseau européen et permet de régler les recharges.
Cette sophistication ne fait pas disparaître les dispositifs de sécurité plus classiques. Le CX-6e dispose notamment de série de l’aide au freinage intelligent, de la surveillance des angles morts, d’une assistance au maintien dans la voie et du régulateur de vitesse adaptatif. Un système surveille également la présence d’enfants aux places arrière et avertit le conducteur lorsqu’il ouvre sa porte afin d’éviter un oubli. Neuf airbags sont annoncés de série.
258 ch, 484 km d’autonomie : la technique doit elle aussi se faire oublier
Cette philosophie centrée sur l’usage s’accompagne d’une chaîne de traction relativement conventionnelle pour un SUV électrique moderne. Le Mazda CX-6e est animé par un moteur installé à l’arrière développant 190 kW, soit 258 ch, pour 290 Nm de couple. Il s’agit donc d’une propulsion.
Sa batterie LFP affiche une capacité de 78 kWh et Mazda annonce jusqu’à 484 km d’autonomie en cycle WLTP. Sur une borne en courant continu suffisamment puissante, le véhicule accepte jusqu’à 200 kW et le constructeur annonce un passage de 10 à 80 % en 24 minutes, dans les conditions prévues par son protocole de mesure.
Trois modes de conduite sont proposés. Normal privilégie une conduite quotidienne plus souple, Sport rend les accélérations plus immédiates et raffermit la direction, tandis qu’Individual permet d’intervenir sur l’accélération, le freinage régénératif et la direction.
Le CX-6e illustre ainsi une tendance de fond de l’automobile électrique : la technologie ne se limite plus au moteur et à la batterie. Elle intervient désormais dans des situations aussi banales que charger le coffre, prêter sa voiture, écouter deux sources audio différentes ou entrer dans une station de lavage.
Mazda tente toutefois de donner une cohérence à cette accumulation en la présentant comme un moyen de simplifier l’usage. Même le design participe à cette logique, avec une aérodynamique intégrée dès la conception et des rétroviseurs numériques qui servent simultanément le style, l’écoulement de l’air et la visibilité.
Reste une question que les communiqués de Mazda ne peuvent évidemment pas trancher : toutes ces technologies simplifient-elles réellement le quotidien ou déplacent-elles simplement les commandes physiques vers de nouveaux écrans et automatismes ? Avec un écran de 26,45 pouces, 23 haut-parleurs, des commandes vocales et gestuelles, plusieurs modes automatiques et des rétroviseurs numériques sur la finition Takumi Plus, le CX-6e ne manque en tout cas pas de solutions. Il ne reste plus désormais qu'à mettre à l'épreuve prochainement.
Le Mazda CX-6e est déjà disponible à la commande en France et doit arriver dans les concessions dans les prochaines semaines. Il est affiché à partir de 46 800 € en finition Takumi et 49 800 € en Takumi Plus.





