« On m’avait promis 400 km d’autonomie » : la vérité après avoir traversé la Forêt-Noire en Cupra Tavascan

Évoquer un road trip en voiture électrique suffit encore à susciter une certaine inquiétude. L’autonomie sera-t-elle suffisante ? Les bornes de recharge faciles à trouver ? Le confort à la hauteur sur de longues étapes ? Autant de questions légitimes que nous avons voulu confronter à la réalité du terrain en partant trois jours en Forêt-Noire au volant du Cupra Tavascan VZ, le SUV coupé 100 % électrique de la jeune marque espagnole du groupe Volkswagen.

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Par Julien Thoraval

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Évoquer un road trip en voiture électrique suffit encore à susciter une certaine inquiétude. L'autonomie sera-t-elle suffisante ? Les bornes de recharge faciles à trouver ? Le confort à la hauteur sur de longues étapes ? Autant de questions légitimes que nous avons voulu confronter à la réalité du terrain en partant trois jours en Forêt-Noire au volant du Cupra Tavascan VZ, le SUV coupé 100 % électrique de la jeune marque espagnole du groupe Volkswagen.

Le départ se fait depuis Mulhouse, par un matin gris d'octobre. Le Tavascan nous attend dans sa teinte Sable Atacama, un bronze élégant qui change de nuance selon la lumière. Première bonne surprise : l'accès à bord est aisé malgré la silhouette plongeante du véhicule. Les sièges baquets, que leur nom ne doit pas effrayer, se règlent électriquement dans toutes les directions et offrent un maintien lombaire appréciable pour les longues distances. Le coffre de 540 litres avale sans difficulté les bagages de trois jours. Le temps de programmer la destination dans le GPS affiché sur l'écran central de 15 pouces et nous voilà partis.

Un confort de roulement qui surprend

La frontière passée, les premières routes du Bade-Wurtemberg révèlent l'un des meilleurs atouts du Tavascan : son confort de roulement. Le silence à bord est remarquable. Pas de bruit de moteur, évidemment, mais surtout une isolation phonique soignée qui filtre efficacement les bruits de roulement et le vent. Les conversations se tiennent à voix normale, la radio reste à un volume raisonnable, et le système audio Sennheiser à 12 haut-parleurs restitue la musique avec une qualité que les amateurs apprécieront.

La suspension, équipée du système adaptatif DCC sur cette version VZ, gomme les imperfections de la route sans rendre la conduite molle. Les routes allemandes sont certes d'une qualité remarquable, mais le Tavascan inspire rapidement confiance par sa stabilité et son assise. Sa direction est légère, ce qui facilite les manœuvres en ville et rend la conduite reposante sur les longs trajets. Quant au régulateur de vitesse adaptatif, couplé au maintien de voie, il soulage considérablement le conducteur sur les portions plus monotones.

Le viaduc de Ravenna et l'art du verre soufflé

Le premier arrêt nous mène dans la Höllental, la vallée de l'Enfer, où le viaduc de Ravenna enjambe une gorge impressionnante. Le parking est accessible et le point de vue mérite largement la halte. Le Tavascan, garé à l'aplomb de l'ouvrage, paraît presque modeste malgré ses 4,64 mètres de long.

À proximité, Drubba est une institution locale à ne pas manquer. Un souffleur de verre y travaille devant les visiteurs, perpétuant un savoir-faire qui se transmet de génération en génération dans cette vallée. Le geste paraît d'une simplicité trompeuse. Quand vient le moment d'essayer, la dextérité requise pour façonner le verre en fusion apparaît immédiatement.

La suite de la route confirme que la Forêt-Noire en automne est un cadre idéal pour ce type de voyage. Les couleurs oscillent entre le vert profond des sapins et l'ocre des feuillus, les routes serpentent en douceur et la vitesse limitée à 100 km/h laisse le temps d'apprécier le paysage. Le Tavascan se prête volontiers à cette allure. Sa batterie de 77 kWh autorise une autonomie réelle de plus de 400 km en conduite calme, ce qui couvre largement les étapes quotidiennes sans angoisse.

Le Kandel, le Luisenhöhe et un dessert qui raconte sa région

Le deuxième jour nous conduit d'abord au barrage de Linach, ouvrage singulier avec ses voûtes multiples en arc de cercle, puis vers le sommet du Kandel par des routes en lacets. À ce rythme tranquille, le Tavascan révèle ses meilleures qualités. Les reprises restent franches quand il faut doubler, le freinage régénératif permet de moduler la vitesse dans les descentes sans solliciter constamment la pédale de frein, et le rayon de braquage suffisamment court pour un véhicule de ce gabarit facilite les demi-tours sur les routes étroites de montagne.

L'après-midi se conclut à l'hôtel Luisenhöhe, une adresse contemporaine nichée dans la forêt. Le lieu respire le calme. L'architecture se fond dans le paysage avec une sobriété qui privilégie les matériaux naturels et la lumière. C'est ici qu'une activité aussi agréable qu'instructive est proposée : la réalisation d'une Schwarzwälder Kirschtorte, autrement dit une Forêt-Noire.

L'histoire de ce dessert emblématique mérite d'être connue. Souvent rattachée au pâtissier Josef Keller vers 1915, la recette tire son nom non pas de la couleur sombre des bois, mais du Kirschwasser, l'eau-de-vie de cerise produite localement. Le chocolat rappelle les sous-bois, les cerises renvoient aux vergers de la région et aux pompons rouges du Bollenhut, la coiffe traditionnelle. Le gâteau a depuis fait le tour du monde. Son identité, elle, reste profondément ancrée dans ces vallées. Le préparer sur place, avec les ingrédients du terroir, donne une tout autre perspective sur un classique que nous pensions tous connaître.

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Crédit : Julien Thoraval

Autonomie et recharge : ce qu'il faut savoir avant de partir

Parlons de ce qui préoccupe légitimement avant un road trip électrique. Sur ces trois jours, en roulant à une allure touristique avec quelques accélérations dans les côtes, la consommation s'est stabilisée autour de 18 à 19 kWh/100 km. Cela donne une autonomie réelle d'environ 400 km, largement suffisante pour des étapes quotidiennes de 150 à 200 km avec des arrêts découverte.

La recharge rapide plafonne à 135 kW, ce qui n'est pas le chiffre le plus élevé du marché en 2026. Concrètement, cela signifie une pause d'environ 30 minutes pour passer de 10 à 80 % de batterie. Le temps d'un café et d'une pâtisserie, ce qui dans la région tombe plutôt bien. La recharge à l'hôtel sur une borne dédiée (11 kW acceptés) permet de retrouver chaque matin une batterie pleine sans y penser.

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Crédit : Julien Thoraval

L'écran central de 15 pouces concentre la majorité des commandes. Il est fluide et lisible, mais la contrepartie du tout-tactile mérite d'être mentionnée. Le réglage de la climatisation, par exemple, impose un passage par l'écran plutôt qu'un simple bouton rotatif. Ce choix, commun à de nombreux véhicules modernes, demande un temps d'adaptation. Les commandes au volant sont également tactiles et se montrent parfois sensibles aux contacts involontaires.

En revanche, la connectivité est complète. Apple CarPlay et Android Auto fonctionnent sans fil, l'application Cupra Connect permet de vérifier à distance l'état de charge et de préchauffer l'habitacle en hiver. Autant de détails qui simplifient la vie au quotidien.

Retour à Mulhouse par le Motoco

Le troisième jour, après une dernière matinée à profiter des routes forestières, le retour vers Mulhouse passe par le Motoco. Installé dans l'ancienne usine DMC (celle des célèbres fils à broder), ce lieu reconverti accueille désormais des ateliers d'artistes et des espaces créatifs sous de vastes verrières industrielles. Une halte culturelle qui clôt agréablement ce périple.

Le Cupra Tavascan VZ s'est révélé un compagnon de voyage confortable et rassurant sur ces trois jours. Son silence de fonctionnement, la qualité de son amortissement et l'autonomie suffisante pour des étapes touristiques en font un véhicule adapté aux escapades de quelques jours. Son design affirmé et son habitacle soigné ajoutent une dimension plaisir qui dépasse la simple notion de transport.

Les limites existent : l'ergonomie tactile qui demande de l'habitude, une recharge rapide qui pourrait être plus véloce et un poids de 2 273 kg qui se ressent dans les enchaînements rapides. Mais pour qui cherche un SUV électrique capable de conjuguer confort routier, coffre généreux et personnalité affirmée, le Tavascan mérite un essai attentif.

Cupra Tavascan VZ 340 4Drive, à partir de 64 930 €. Version V (286 ch, propulsion), à partir de 46 990 €.

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Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

2 commentaires à «« On m’avait promis 400 km d’autonomie » : la vérité après avoir traversé la Forêt-Noire en Cupra Tavascan»

  • Ha oui 64000 euros ….on l amorti au bout de combien de kilometres electrifies??

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  • véhicule électrique : a) avoir un gros budget ; b) suivre les grands axes routiers où il y a des bornes ; c) avoir une maison où on peut charger la nuit ; d) ne pas être pressé pour faire Paris / Marseille car il faudra s’arrêter pour recharger ; e) à la revente, attention la décote.

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