On croit toujours que les règles du stationnement, on les maîtrise depuis l'auto-école. Et puis un matin, en descendant chercher sa voiture pour aller au travail, on aperçoit ce petit rectangle blanc coincé sous l'essuie-glace. Trente-cinq euros. Pour quoi ? Pas pour un dépassement de durée, pas pour une place livraison, pas pour un trottoir mordu. Non : simplement parce que ma voiture, comme toutes celles de ma rue, était garée dans le mauvais sens. Un détail que personne n'avait jamais relevé dans le quartier, et qui, du jour au lendemain, m'a valu une contravention bien réelle.
La scène banale qui m'a coûté 35 euros
Ma rue est une petite artère en agglomération, bordée de chaque côté par des voitures garées le long du trottoir. Un double sens tout ce qu'il y a de plus classique, avec des riverains qui, comme moi, se garent au plus près de chez eux, sans se poser de question. Ce matin-là, en attrapant l'avis de contravention, j'ai d'abord cru à une erreur. Puis j'ai lu le motif : stationnement à contresens de la circulation. J'ai regardé autour de moi. La moitié des véhicules de la rue étaient dans la même position que le mien. Pourtant, ce jour-là, c'est bien moi qui avais été désigné. Le montant, lui, est celui d'une contravention de 2e classe : 35 euros forfaitaires, minorés à 22 euros si l'on paie dans les quinze jours (trente jours par télépaiement), et majorés à 75 euros, voire 150 euros en cas de contestation jugée infondée par le tribunal de police. Pas de perte de point, pas de suspension de permis, pas d'aggravation en cas de récidive, mais une note salée pour un geste qu'on croyait anodin.
Ce que dit vraiment le code de la route
La règle est en réalité inscrite noir sur blanc à l'article R417-1 du code de la route. En agglomération, sur une chaussée à double sens, un véhicule à l'arrêt ou en stationnement doit être placé du côté droit, dans le sens de la circulation, sauf dispositions différentes prises par l'autorité de police locale. Autrement dit : je dois pouvoir démarrer et repartir dans le sens du flux, sans faire demi-tour ni traverser la chaussée. Les rues à sens unique bénéficient d'une souplesse plus grande : le stationnement y est autorisé à droite ou à gauche, sauf disposition contraire décidée localement par l'autorité de police. C'est cette nuance qui embrouille beaucoup de conducteurs : parce qu'ils voient parfois des voitures garées « à gauche » dans une rue en sens unique, ils croient que la règle est valable partout. Elle ne l'est pas. Dans une voie à double sens, le contresens est bien une infraction, verbalisable par les agents de surveillance de la voirie. Les agents de police indiquent d'ailleurs verbaliser quotidiennement des véhicules stationnés à contresens.
Pourquoi tout le quartier se trompe
Alors pourquoi, dans ma rue comme dans tant d'autres, autant de conducteurs se garent-ils à l'envers ? Par facilité, d'abord : on rentre chez soi le soir, une place se libère en face, on traverse la chaussée d'un coup de volant plutôt que de faire le tour du pâté de maisons. Par méconnaissance, ensuite : peu de gens ont en tête que la règle du sens de circulation s'applique aussi à l'arrêt. Et par effet de groupe, enfin : quand toute la rue est mal garée, on se convainc que ce doit être toléré. C'est pourtant une pratique jugée dangereuse, tout particulièrement pour les deux-roues : un scooter ou une moto stationné à contresens doit traverser la chaussée pour repartir, avec une visibilité réduite et un risque accru pour les autres usagers. Pour éviter d'être le prochain sur la liste, la règle à retenir tient en une phrase : dans une rue à double sens en agglomération, on se gare toujours à droite, dans le sens où l'on roule. Dans une rue à sens unique, on peut choisir son côté, sauf disposition contraire décidée localement par l'autorité de police.
Cette petite contravention m'aura au moins servi à une chose : redécouvrir un article du code de la route que tout le monde applique mal sans le savoir. La prochaine fois que vous descendrez chercher votre voiture, prenez trente secondes pour observer votre rue. Combien de véhicules sont réellement dans le bon sens ? Et surtout, le vôtre en fait-il partie ?

