Ma boîte en plastique a passé des années au micro-ondes, chaque soir de la semaine. Un jour, j’ai fini par lire les textes qui la concernent de près, et ce que j’y ai trouvé m’a surpris.
Fini la boîte en plastique pour réchauffer la soupe de la semaine : les cantines n’en ont plus le droit depuis 2025, voici ce que j’utilise désormais

- Depuis le 1er janvier 2025, les cantines scolaires et universitaires ne peuvent plus cuire, réchauffer ou servir dans du plastique.
- Le Conseil d'État a annulé en avril 2026 la définition des contenants, mais pas l'interdiction elle-même.
- Une étude de l'Anses observe la migration de substances du plastique vers les aliments réchauffés, surtout à forte puissance.
- L'Ademe recommande le verre pour réchauffer, et de remplacer les contenants plastique abîmés.
Ce que la loi interdit, et où
Depuis le 1er janvier 2025, les contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en plastique sont interdits dans la restauration scolaire et universitaire, dans les établissements d'accueil des enfants de moins de 6 ans, ainsi qu'en pédiatrie, en obstétrique et dans les maternités. La règle figure à l'article L.541-15-10 du code de l'environnement, issue des lois EGalim et AGEC. Votre marmite du dimanche n'est évidemment pas concernée, mais cette règle éclaire les conseils que les autorités sanitaires adressent aux particuliers.
Les communes de moins de 2 000 habitants ont jusqu'au 1er janvier 2028.
Trois usages sont visés, et trois seulement : la cuisson, la réchauffe et le service. Le bac dans lequel on remet un plat en température, la barquette qu'on enfourne, le contenant présenté au self : c'est le cœur de cible. Le conditionnement et le transport des denrées, eux, échappent à l'interdiction. Un produit peut donc voyager dans du plastique, c'est au moment de la chauffe et du service que la règle s'applique.
Le Conseil d'État n'a pas touché au principe
Le 8 avril 2026, le Conseil d'État a partiellement annulé le décret n° 2025-80 du 28 janvier 2025, après un recours du syndicat des plasturgistes Plastalliance. Le motif est de procédure : un défaut de notification à l'Union européenne, sur la partie qui définissait les contenants, vaisselle et couverts compris. L'interdiction posée par la loi n'est pas remise en cause.
Ce décret décrivait les contenants visés comme ceux fabriqués entièrement ou partiellement en plastique, en contact avec les denrées, et employés pour la cuisson, la remise en température, la présentation, le service ou la consommation. Seul l'article qui portait cette définition a été censuré. Les dérogations prévues pour certains services hospitaliers spécialisés, encadrées par un autre article, restent en place. Les parlementaires ont, depuis, entrepris de combler le vide.
Les juristes le rappellent : un décret annulé n'est pas une loi abrogée, et l'article L.541-15-10 liste toujours les produits interdits. Des députés ont adopté un texte qui précise ces contenants, gobelets, assiettes, récipients et couverts compris.
Chez vous, aucune loi, mais un conseil clair
Dans une cuisine de particulier, rien n'est interdit. L'Ademe, dans ses conseils du 10 décembre 2025, demande pourtant de ne pas réchauffer ses petits plats dans des contenants en plastique, et de remplacer ceux qui sont abîmés. Elle recommande de privilégier le verre, qui supporte les fortes températures.
Un contenant abîmé n'a plus sa place au micro-ondes.
Combien de soirs, entre le dimanche et le vendredi, la même boîte passe-t-elle au micro-ondes quand on a cuisiné une grande marmite pour la semaine ? Octobre ouvre la saison des soupes et des plats mijotés d'avance, et deux avis s'appliquent à ce rituel : celui de l'Anses du 29 septembre 2025 et celui de l'Ademe.
Ce que l'Anses a observé dans les barquettes
Le 29 septembre 2025, l'Anses a publié, avec l'Institut national de la consommation, une étude sur la migration de substances des emballages vers les aliments au réchauffage. Des barquettes en polypropylène ont été testées à température ambiante, au micro-ondes selon les préconisations du fabricant, puis en conditions poussées. Des substances appelées POSH, utilisables comme lubrifiants, étaient déjà présentes dans plusieurs échantillons conservés à température ambiante. Leur teneur augmente au réchauffage, surtout quand il est poussé (températures élevées, durées de chauffe longues).
L'agence ne demande pas pour autant de bannir le plastique du micro-ondes. Elle invite à suivre les indications du fabricant et à éviter les contenants usés.
Côté réglages, elle préfère une faible puissance plus longtemps : 2 minutes à 650 W plutôt que 50 secondes à 1 270 W. Elle conseille aussi d'écarter les emballages abîmés. Et de ne pas réutiliser une barquette à usage unique.
Ce que j'utilise désormais
Le geste de base tient en un mot : transvaser. La portion du soir passe de sa boîte de rangement à un récipient en verre avant de rejoindre le micro-ondes, et la barquette du traiteur, une fois vidée, ne devient pas un contenant de rangement.
Ma soupe de la semaine se réchauffe désormais dans du verre.
Les gratins et les plats mijotés du dimanche passent au four ou au micro-ondes dans un plat en céramique. Pour une remise à température sur le feu, je garde la casserole en inox. Aucune marque à vous recommander, et c'est volontaire : la matière compte davantage que l'étiquette.
Pour le rangement, les boîtes en verre prennent le relais des anciennes boîtes en plastique, soupe comme plat mijoté. Verre, céramique, inox : trois matières couvrent tous les usages de la semaine.
Le froid, dernier refuge de la boîte en plastique
La boîte en plastique n'est pas condamnée pour autant.
Elle reste à sa place pour conserver à froid. Ni la règle des cantines, qui vise la cuisson, la réchauffe et le service, ni l'Anses, qui demande de respecter les indications du fabricant, n'en réclament l'abandon. Le frigo, où l'on range salades et restes froids, n'entre dans aucune de ces logiques.
Reste un tri à faire, et octobre s'y prête. On sort les boîtes du placard et l'on met de côté celles qui sont abîmées. Les boîtes en bon état gardent leur emploi à froid. Les abîmées, elles, sont à remplacer d'après l'Ademe, y compris celles qui servaient à réchauffer.
Côté cantines, une collectivité qui gère ses repas en régie peut déjà proscrire tous les contenants en plastique, rappelle une avocate spécialisée en droit de l'environnement. Pour les communes de moins de 2 000 habitants, l'échéance du 1er janvier 2028 laisse encore du temps, et la définition précise des contenants visés, que le texte des députés cherche à fixer, reste à suivre.
Sources : lagazettedescommunes.com | banquedesterritoires.fr
