La marmite norvégienne permet de cuire un pot-au-feu sans flamme

Ce matin-là, j’ai coupé le gaz sous ma cocotte alors que le bouillon frémissait à peine. Mon voisin m’a regardée comme si j’avais oublié quelque chose.

Par Julie Vera

La marmite norvégienne permet de cuire un pot-au-feu sans flamme : on porte la cocotte à ébullition, on coupe le gaz, puis on la glisse dans un caisson isolé qui achève la cuisson par inertie thermique. Le procédé consomme moins d'énergie qu'un four resté allumé pendant toute la cuisson. Il s'est diffusé pendant la Première Guerre mondiale pour économiser le combustible.

Comment cuire un pot-au-feu à la marmite norvégienne ?

Tout repose sur la chaleur déjà emmagasinée par la cocotte et par son contenu : l'isolant la retient au lieu de la laisser filer dans la cuisine. Une fois la casserole dans son caisson, il n'y a plus de feu à régler ni de plat à surveiller.

  1. Portez la cocotte à ébullition, couvercle fermé, sur le gaz ou sur la plaque.
  2. Dès l'ébullition atteinte, coupez le feu et transférez la cocotte dans le caisson isolé sans attendre.
  3. Rabattez les couvertures par-dessus, en comblant les vides autour de la casserole.
  4. Laissez la cuisson se poursuivre par inertie, puis rouvrez le caisson.

Trois précautions s'imposent : des maniques, la cocotte étant brûlante, un couvercle bien en place pendant tout le transfert, et un plat qui reste bien chaud (au-dessus de 60 °C) quand la cuisson passive dure plusieurs heures. Chaque minute passée à l'air libre fait perdre une chaleur que l'isolant devra précisément conserver. Si le plat n'est pas assez cuit à l'ouverture, rien n'interdit de ramener la cocotte à ébullition quelques minutes avant de la refermer.

Le procédé demande en revanche d'anticiper : une cuisson qui se poursuit sans flamme prendrait sans doute plus de temps qu'une cuisson au feu, et la durée exacte dépend du plat comme de la qualité de l'isolation. Le repas se lance donc plus tôt.

Combien d'énergie économise-t-on par rapport au four ?

Un four reste allumé pendant toute la durée de la cuisson, c'est dans sa nature. La marmite norvégienne consomme moins que lui, puisque le gaz ou la plaque ne servent qu'à amener la préparation à ébullition ; ensuite, l'isolant prend le relais pour tout le reste de la cuisson.

Les pourcentages d'économie qui circulent sur internet varient d'un site à l'autre et aucun n'est assez solide pour être repris ici. Retenez le principe plutôt que le chiffre : moins de temps de chauffe active. Que la plaque soit au gaz ou à induction, le principe reste le même, même si le rendement des deux modes de chauffe n'est pas identique.

Quels plats se prêtent à la cuisson passive ?

Le pot-au-feu fait partie des candidats les plus naturels : viande, légumes et bouillon réunis dans une même cocotte, dont le contenu volumineux garde sa chaleur longtemps.

  • Les soupes, qui obéissent à la même logique.
  • Les légumineuses : lentilles, haricots secs, pois cassés.
  • Le riz.

Tous cuisent dans un liquide chaud, qui joue le rôle de réserve de chaleur à l'intérieur du caisson. Une côte de bœuf saisie à la poêle n'y trouverait en revanche aucun avantage, faute de bouillon pour accumuler la chaleur. Pendant ce temps, la plaque reste libre pour un autre plat.

Comment fabriquer sa marmite norvégienne avec une caisse et des coussins ?

Inutile d'acheter quoi que ce soit pour débuter : une caisse ou un tiroir garni de couvertures, de coussins et d'une couverture de survie remplit parfaitement cet office, avec ce qu'on trouve déjà dans un placard.

  • Entourez la cocotte d'isolant de tous les côtés, dessous et dessus compris, sans laisser de vide.
  • Comblez les espaces autour de la casserole avec des coussins.
  • Épaississez la paroi du caisson avec des couvertures.
  • Posée en doublure, une couverture de survie peut renvoyer la chaleur vers le centre.

Pour un premier essai, une soupe ou un riz font des tests raisonnables avant de s'attaquer à un pot-au-feu. Le caisson, lui, se réutilise tel quel à la prochaine cuisson.

D'où vient la marmite norvégienne ?

Cette façon d'économiser n'a pas attendu les factures d'énergie pour exister : la marmite norvégienne s'est diffusée pendant la Première Guerre mondiale, par économie de combustible, et elle a été exposée en Grande-Bretagne en janvier 1918. Plus d'un siècle plus tard, le raisonnement a changé de décor, pas de nature : là où l'on comptait le combustible, on compte aujourd'hui le gaz ou l'électricité.

Beaucoup de cuisinières pratiquent d'ailleurs déjà la cuisson passive sans lui donner de nom. Les pâtes finies hors du feu, sous couvercle, relèvent du même principe : l'eau chaude et la casserole gardent assez de chaleur pour achever la cuisson. La marmite norvégienne pousse simplement la logique plus loin, en entourant la cocotte d'un isolant qui freine le refroidissement par les parois et par le couvercle, de tous les côtés à la fois.

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Ancienne professeure, je n'ai jamais perdu le goût de la transmission et du partage. En devenant cheffe de rubrique, la grande curieuse que je suis a ensuite pu apprendre et écrire sur une variété de sujets : science, histoire, santé, beauté, astuces de la vie quotidienne... Je suis néanmoins surtout ultra gourmande, ce pourquoi je suis aujourd'hui comblée de me concentrer sur une seule thématique : la cuisine ! Je déniche de belles recettes de saison et je m'inspire de mes ratés monumentaux pour proposer des astuces utiles.

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