Il suffit parfois de tirer une poignée de portière pour perdre toute liberté. Avec Piégé, un banal cambriolage de voiture devient le point de départ d’un cauchemar mécanique : un voleur enfermé dans un SUV ultra-sophistiqué, face à un propriétaire invisible qui a décidé de rendre sa propre justice. Désormais disponible sur Prime Video, ce thriller oppose Bill Skarsgård à Anthony Hopkins dans un duel à distance où chaque bouton, chaque vitre et chaque degré de température peuvent devenir une arme.
Sorti au cinéma au printemps 2025 avec un accueil mitigé, le film trouve sur la plateforme une seconde vie plus adaptée à son efficacité immédiate : celle d’un huis clos tendu, court et volontiers cruel.
- Piégé est un thriller de 1 h 34 disponible sur Prime Video, réalisé par David Yarovesky et produit par Sam Raimi.
- Bill Skarsgård incarne un voleur piégé dans un SUV contrôlé à distance par un médecin joué par Anthony Hopkins.
- Remake du film argentin 4x4, le long métrage a atteint la cinquième place des films les plus vus sur Prime Video dans le monde.
« Piégé » sur Prime Video : Anthony Hopkins transforme un SUV en prison infernale

Réalisé par David Yarovesky et produit par Sam Raimi, Piégé, aussi connu sous son titre original Locked, repose sur une idée d’une simplicité redoutable. Eddie Barrish, interprété par Bill Skarsgård, croit avoir trouvé une cible facile en pénétrant dans un SUV de luxe. Mais le véhicule se verrouille et devient aussitôt une cellule insondable.
À l’autre bout du dispositif, William Larsen, un médecin en phase terminale incarné par Anthony Hopkins, orchestre méthodiquement la punition. L’intérêt du film ne tient donc pas au mystère de l’identité du geôlier, mais à la manière dont ce dernier impose sa présence sans occuper le même espace que sa victime. La voix de l'acteur du Silence des Agneaux devient le véritable décor du film : calme, autoritaire et de plus en plus inquiétante. Cette économie de moyens donne au thriller une dimension presque théâtrale, tout en exploitant l’imaginaire très contemporain de la voiture connectée.
Un simple vol de voiture vire au cauchemar sous contrôle à distance
Le piège se referme par petites touches. William contrôle à distance les vitres, le verrouillage, le chauffage, la musique et les différents équipements du SUV. Eddie ne se retrouve pas seulement enfermé : il est placé dans un environnement que son adversaire peut modifier à volonté. La voiture cesse alors d’être un objet de confort pour devenir un instrument de domination.
Le scénario tire sa force de ce renversement : le petit voleur, pourtant coupable, devient aussi un homme privé de toute possibilité de défense. Piégé interroge ainsi les limites de la vengeance privée. William se présente comme un justicier, mais les méthodes qu’il emploie font basculer sa quête de réparation vers une violence autrement plus trouble. Le film évite de faire d’Eddie un héros irréprochable, ce qui nourrit la tension morale du face-à-face. Lorsque le véhicule se transforme en engin lancé à grande vitesse, le huis clos gagne encore en nervosité sans abandonner son principe central : l’impossibilité de sortir.
Un huis clos nerveux porté par un duo redoutable et l’ombre de Sam Raimi
En 1h34, David Yarovesky adapte le thriller argentin 4x4, imaginé par Mariano Cohn et Gastón Duprat, en resserrant l’action autour de son dispositif le plus efficace. Le réalisateur, déjà connu pour Brightburn en 2019, privilégie la pression psychologique aux effets spectaculaires.
Bill Skarsgård porte une grande partie du récit avec un personnage qui passe de l’assurance à l’épuisement, puis à une volonté de survie plus brute. Face à lui, Anthony Hopkins n’a pas besoin d’être constamment à l’image pour imposer son autorité : son interprétation vocale suffit à rendre William glaçant.
Malgré son parcours discret en salles, avec 1,9 million de dollars de recettes mondiales pour un budget de 20 millions, le film a d'ores et déjà atteint la cinquième place des longs métrages les plus regardés dans le monde sur Prime Video. Ses scores de 64 % d’avis positifs côté critique et 73 % côté public reflètent bien cette réception contrastée, mais loin d’être indifférente.
Piégé n’est pas un thriller subtil à chaque instant, mais son concept tient suffisamment bien la route pour captiver. Entre le confinement, la technologie détournée et le duel d’acteurs, le film transforme une voiture luxueuse en machine à punir. Une proposition idéale pour une soirée de début d’automne, à condition de ne plus regarder son propre véhicule tout à fait de la même façon.
