Peut-on vraiment oublier Jérôme Niel, l’humoriste révélé sur Internet, en quelques minutes seulement ? Paolo apporte une réponse plutôt saisissante. Dans cette mini-série française en sept épisodes, disponible sur HBO Max à partir du 25 septembre, le comédien abandonne l’énergie décalée de ses sketchs pour entrer dans la peau d’un homme ordinaire, mais profondément trouble.
Dès la première scène, quelque chose dérange : on reconnaît le visage, jamais le personnage familier que l’on croyait retrouver. Créée, écrite et réalisée par Sébastien Marnier, la fiction avance sur un terrain où se croisent fascination, ambitions politiques, domination et malaise social. Sans forcer immédiatement le suspense, elle installe une inquiétude sourde, nourrie par un face-à-face dont on comprend vite qu’il ne restera pas innocent.
- Jérôme Niel incarne Paolo, un homme ordinaire dont l’admiration pour un candidat à la mairie vire à l’obsession.
- Créée, écrite et réalisée par Sébastien Marnier, la mini-série adapte son roman Mimi en sept épisodes.
- Présentée à Séries Mania 2026, Paolo sera disponible sur HBO Max à partir du 25 septembre.
Jérôme Niel brise son image comique dans un face-à-face sous tension
Paolo mène une existence ordinaire lorsqu’il recroise Téophane, un ancien camarade de classe désormais candidat à la mairie de leur ville. Fasciné par sa trajectoire, il se rapproche de lui avec une admiration qui devient progressivement envahissante. Tout l’intérêt du récit tient dans ce glissement entre curiosité, désir d’appartenance et obsession. La première scène pose déjà ce trouble sans avoir besoin de révéler les intentions profondes du personnage. Jérôme Niel joue précisément avec l’image que le public conserve de lui : son visage évoque spontanément la comédie, mais cette attente se retourne contre le spectateur.
Face à lui, Yoann Gasiorowski incarne Téophane, figure politique autour de laquelle se concentrent les jeux d’influence et les aspirations sociales. Leur relation dépasse alors le simple duel psychologique. Elle raconte également les fractures d’une ville de province, les différences de classe et la fascination exercée par ceux qui semblent avoir réussi. Ce contre-emploi constitue un véritable tournant pour Jérôme Niel. Il ne cherche pas à rendre Paolo sympathique ni à souligner artificiellement son étrangeté.
L’inquiétude vient plutôt du décalage entre son apparente banalité et la dynamique de plus en plus dérangeante dans laquelle il s’engage. La menace n’est pas spectaculaire : elle naît de la proximité. C’est précisément ce qui rend sa présence si froide et rompt avec le Jérôme Niel des sketchs.
Paolo, le thriller français à surveiller dès le 25 septembre sur HBO Max
La cohérence de cet univers doit beaucoup à Sébastien Marnier, qui crée, écrit et réalise les sept épisodes. Paolo adapte son propre roman, Mimi, paru chez Fayard en 2011, avec un scénario coécrit par Juliette Soubrier. Ce passage du livre à l’écran prolonge les thèmes chers au réalisateur d’Irréprochable, de L’Heure de la sortie et de L’Origine du mal : les faux-semblants, les rapports de domination et les personnages dont la respectabilité dissimule des zones plus obscures. Marnier a également réalisé la première saison des Enfants sont rois, adaptation du roman de Delphine de Vigan. Paolo s’inscrit ainsi dans la continuité d’un regard attentif aux mécanismes du pouvoir et de la fascination.
Le rapprochement affiché avec Ripley ou Saltburn donne une indication sur l’ambition du projet : observer moins un acte isolé qu’une dérive nourrie par le désir de se rapprocher d’un milieu ou d’une personne. Autour de Jérôme Niel et Yoann Gasiorowski, la distribution réunit notamment Magalie Lépine Blondeau, Marie Oppert, Léo Chalié, Véronique Ruggia, Guslagie Malanda, Salif Cissé et Françoise Lebrun, ainsi que Léa Lopez, Philippe Katerine, Guilaine Londez, David Ayala et Cyril Metzger. Présentée en compétition internationale à Séries Mania 2026, la série arrive sur HBO Max avec une identité très éloignée du thriller policier traditionnel.
Le principal attrait de Paolo réside finalement dans ce changement de registre radical. En confiant son personnage central à un acteur associé à l’humour, Sébastien Marnier transforme notre familiarité avec Jérôme Niel en source de malaise. Une manière habile de rappeler qu’à l’écran, les visages que l’on croit le mieux connaître sont parfois ceux qui peuvent encore le plus nous surprendre.


