Cinquante-sept pour cent. C'est la part d'audience que Les Anneaux de Pouvoir a laissée en chemin entre sa première et sa deuxième saison sur Prime Video. Un chiffre qui donne le vertige pour cette fresque tolkienienne.
Pourtant, avant de crier au naufrage créatif, il faut regarder ailleurs que du côté du scénario. En cette rentrée où les plateformes multiplient les séries événements, un phénomène plus large semble à l'œuvre, et il ne concerne pas que la Terre du Milieu (dont la troisième saison se profile au mois de novembre).
- Les Anneaux de Pouvoir a attendu deux ans entre ses deux premières saisons, un délai identifié comme la cause principale de la chute d'audience plutôt que le scénario.
- D'autres séries comme Mercredi (-59%) ou The Night Agent (-47%) ont connu des baisses similaires après de longues attentes entre saisons.
- Les sorties groupées et rapprochées, comme celle de The Bear, permettent de mieux fidéliser le public en limitant son éparpillement vers d'autres contenus.
Le vrai coupable, c'est le calendrier, pas le scénario
Deux ans. C'est le temps qu'ont attendu les abonnés entre les deux premières saisons des Anneaux de Pouvoir. Un délai qui, à lui seul, explique une grande partie de la chute observée. Passé dix-huit mois d'attente, les chances de voir l'intérêt du public s'éroder augmentent fortement.
Le public n'a rien contre Galadriel ou Sauron : il a simplement eu le temps de passer à autre chose, séduit par d'autres nouveautés entre-temps.
Quand Netflix, HBO et Amazon perdent patience, le public aussi
Les Anneaux de Pouvoir n'est pas un cas isolé. Mercredi a subi une baisse de 59 % d'audience après trois ans d'absence entre ses deux premières saisons. Stranger Things a perdu près d'un quart de son public sur sa dernière saison.
The Night Agent, elle, a vu sa saison 2 chuter de 47 % après 1,8 an d'attente, un déclin dont les effets se sont encore fait sentir sur la saison suivante, malgré un délai raccourci à un an. Ce phénomène touche surtout les séries dont la communauté de fans reste fragile : Stranger Things, Mercredi ou Bridgerton parviennent, elles, à compenser en partie leurs pertes grâce au rattrapage. Signe que l'attente ne pardonne pas à tout le monde de la même façon.
The Pitt prouve l'inverse : diffuser vite pour fidéliser
À l'inverse, certaines productions montrent qu'un rythme resserré paie. C'est tout le pari du modèle de sortie groupée, adopté par près de 40 % des séries diffusées en streaming au premier semestre 2026, à l'image de The Bear ou The Pitt (l'une des meilleures séries du moment). Une logique simple : plus l'attente se réduit, plus le public reste accroché, sans avoir le temps de s'éparpiller vers d'autres contenus.
Alors, faut-il en vouloir aux scénaristes des Anneaux de Pouvoir ? Pas vraiment. Le vrai enjeu se joue en coulisses, dans les délais de production que les plateformes peinent à raccourcir face à des tournages toujours plus complexes et coûteux. Reste à voir si Amazon tirera les leçons de cette baisse pour la suite de sa saga, dans un marché du streaming où la patience du public s'amenuise saison après saison.

