Il ramonait lui-même son conduit chaque automne pour économiser : après le feu de cheminée, l’assureur lui a expliqué ce qui manquait à son dossier

Un propriétaire économe décide de ramoner lui-même son conduit chaque automne. Quand un feu de cheminée ravage sa maison, l’assureur refuse l’indemnisation : le certificat de ramonage professionnel manquait à son dossier. Une économie de 60€ devient une catastrophe financière.

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Par L'équipe JDS

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Chaque automne, il sortait lui-même sa perche et son hérisson, fier d'économiser la soixantaine d'euros que coûte un ramoneur professionnel. Cet automne-là, un feu de conduit a noirci sa toiture et une partie de sa charpente. Quand l'expert de l'assurance est arrivé, la première question n'a pas porté sur les flammes, mais sur un papier : le certificat de ramonage.

À retenir

  • Pourquoi le ramonage maison, pourtant légal, ne convainc jamais un assureur
  • Ce document officiel que seul un professionnel peut fournir (et que vous ignoriez peut-être)
  • Le prix réel d'une économie : comment 60€ d'économies coûtent jusqu'à 40 000€

Un geste malin, mais une preuve qui manquait

Sur le principe, ramoner soi-même son conduit n'a rien d'interdit. On peut entretenir son conduit soi-même, mais seul un professionnel peut délivrer un certificat reconnu.

C'est exactement ce qui a coincé ce propriétaire méticuleux. Il avait effectué un ramonage, mais sans professionnel, et un certificat « maison » ou une bûche de ramonage ne suffisent pas : il faut un document officiel émis par un professionnel qualifié.

Ce que dit vraiment le règlement sanitaire départemental

Le ramonage n'est pas une recommandation de bon sens, c'est une obligation encadrée par un texte précis. Depuis le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 et l'article R.1331-75 du Code de la santé publique, le ramonage est obligatoire une à deux fois par an, selon le combustible et le règlement sanitaire départemental.

La fréquence exacte dépend donc de votre département et de votre installation. De manière générale, il faut faire ramoner deux fois par an son conduit de cheminée, dont une fois en période de chauffe. Pour les poêles à granulés et les chaudières en revanche, le ramonage est la plupart du temps imposé une fois par an.

Un simple oubli peut déjà coûter cher, même sans incendie. Le défaut de ramonage constitue une contravention sanctionnée par une amende de troisième classe pouvant aller jusqu'à 450 euros.

Pourquoi le fait-maison ne convainc jamais un assureur

Le certificat n'est pas une simple formalité administrative pour l'assureur, c'est la preuve juridique que le contrat a été respecté. Pour la garantie incendie de l'assurance multirisque habitation, la preuve reine c'est le certificat de ramonage : ce document daté mentionne l'adresse, l'appareil et les coordonnées du ramoneur professionnel, et c'est lui qui prouve que le conduit a bien été entretenu selon la loi.

Sans ce papier, l'assureur dispose d'une base contractuelle solide pour agir. Sans certificat professionnel de moins de douze mois, l'assureur peut invoquer un défaut d'entretien : indemnisation réduite, voire refus total.

Certains contrats vont même plus loin dans la formulation. Certains contrats d'assurance mentionnent explicitement l'obligation d'entretien des installations de chauffage parmi les conditions de validité des garanties, et un défaut d'entretien peut ainsi être interprété comme une négligence, voire une faute, ce qui permet à l'assureur de réduire, voire refuser l'indemnisation du sinistre.

Après le feu, la double peine

Dans le cas de notre bricoleur du dimanche, le scénario a suivi un chemin classique et documenté par plusieurs experts du secteur. Un feu de cheminée se déclare dans une maison équipée d'un poêle à bois, l'expert mandaté par l'assureur identifie une accumulation anormale de suie et l'absence de certificat de ramonage dans les 12 derniers mois, et l'assurance invoque alors une clause de non-garantie pour défaut d'entretien.

Les montants en jeu ne sont jamais anecdotiques. En cas d'incendie de cheminée sans certificat de ramonage valide, l'assureur peut réduire l'indemnisation de 20 à 50 %, voire la refuser totalement, ce qui sur un sinistre à 80 000 € représente entre 16 000 et 40 000 € en moins.

l'économie de départ se transforme en gouffre financier. Pour un ramonage professionnel qui coûte à peine plus qu'un plein d'essence, le pari n'a rien de raisonnable une fois qu'on regarde la facture réelle d'un sinistre non couvert.

Le tubage, grand oublié des remboursements

Même quand une partie du sinistre reste indemnisée, le conduit lui-même échappe souvent à la prise en charge. La garantie incendie couvre les dommages au logement, mais la remise en état du tubage, souvent fissuré ou déformé par la chaleur excessive d'un feu de conduit, reste fréquemment à la charge du propriétaire.

C'est là que le calcul économique s'inverse complètement. Un ramonage annuel certifié coûte une somme modeste, tandis qu'un tubage neuf, posé par un professionnel après un feu de conduit, représente un investissement autrement plus lourd, sans même parler de la toiture à refaire.

Se mettre en règle sans y laisser un mois de retraite

La bonne nouvelle, c'est qu'il suffit de deux réflexes simples pour dormir tranquille. Faire appel à un ramoneur professionnel agréé au moins une fois par an, deux si votre département ou votre combustible l'exige, et conserver précieusement chaque certificat reçu.

Il existe d'ailleurs une astuce toute simple pour ne plus jamais être pris de court. Garder un carnet avec la trace de chaque intervention permet, en cas de contrôle ou de sinistre, d'avoir tout sous la main sans fouiller dans des vieux papiers.

Un dernier détail mérite l'attention : la validité du certificat se compte en mois, pas en années. Un document périmé de quelques semaines seulement peut suffire à faire basculer un dossier d'indemnisation, comme l'a appris à ses dépens plus d'un propriétaire persuadé d'être en règle.

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Un commentaire à «Il ramonait lui-même son conduit chaque automne pour économiser : après le feu de cheminée, l’assureur lui a expliqué ce qui manquait à son dossier»

  • Faux, la Maif permet de faire son propre ramonage en tant que particulier. Une simple preuve d’achat du matériel permet d’être assuré. Et si le ramonage est correctement fait, et que le poêle ou cheminée est utilisé correctement sans bruler n’importe quoi, pas de feu de conduit ! Souces : maif.fr et bon-sens.com

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