Les anciens n’ont jamais eu de compost qui pue en plein été : ils réglaient un détail que plus personne ne regarde aujourd’hui

Louise
Par Louise S

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Un compost qui empeste dès que les températures grimpent, une nuée de moucherons qui tourbillonne autour du bac, un jus douteux qui suinte dans le jardin... En plein cœur de l'été, beaucoup de jardiniers baissent les bras et referment le couvercle en pinçant le nez. Pourtant, nos grands-parents géraient leurs déchets organiques sans jamais transformer le coin du potager en zone interdite. Leur secret ? Un ensemble de gestes simples, tombés dans l'oubli depuis que le compostage est devenu une affaire de bacs en plastique achetés en jardinerie. Retour sur ces réflexes de bon sens qui font toute la différence quand le mercure s'affole.

Le secret oublié des anciens : l'équilibre entre matière sèche et matière humide

Le compost qui pue, c'est d'abord un compost déséquilibré. Quand on y jette uniquement des épluchures de tomates, des restes de melon, des tontes de gazon et des fanes de radis, on obtient une masse gorgée d'eau qui fermente au lieu de se décomposer proprement. Les anciens le savaient d'instinct : pour un tas sain, il faut autant de matière brune que de matière verte, voire un peu plus de brun en été. La matière verte, c'est tout ce qui est humide et riche en azote : épluchures, marc de café, herbe fraîche. La matière brune, c'est le carbone : feuilles mortes, paille, carton non imprimé, brindilles, sciure de bois non traité. Autrefois, on gardait toujours un tas de feuilles sèches ou de paille à côté du composteur, prêt à recouvrir chaque nouvel apport. Ce geste, aujourd'hui délaissé, absorbe l'humidité excessive et empêche la fermentation nauséabonde. Sans lui, le tas se transforme en soupe acide qui dégage cette odeur d'œuf pourri caractéristique.

Aération et couvercle ajusté : les gestes simples qui changent tout

Un compost qui sent mauvais, c'est presque toujours un compost qui manque d'oxygène. Quand l'air ne circule plus, les bactéries anaérobies prennent le relais et produisent du méthane, de l'ammoniac et du sulfure d'hydrogène. Le résultat pique le nez à dix mètres. La solution tenait en un outil : la fourche. Nos anciens retournaient leur tas régulièrement, environ toutes les deux à trois semaines en pleine saison chaude, pour réoxygéner l'ensemble. Ils prenaient aussi soin de disposer une couche drainante de branchages au fond, histoire que l'air puisse pénétrer par le bas. Autre détail négligé aujourd'hui : le couvercle ajusté. Un couvercle trop hermétique étouffe le tas, un couvercle absent laisse la pluie noyer tout le contenu. L'idéal reste un couvercle qui protège des intempéries tout en laissant passer un filet d'air, ou une simple toile de jute posée par-dessus. Sur les bacs en plastique modernes, il suffit parfois de percer quelques trous supplémentaires sur les côtés pour retrouver une circulation correcte. Un tas qui respire ne sent jamais mauvais, il dégage tout au plus une odeur de sous-bois après la pluie.

Un drainage efficace pour dire adieu aux odeurs estivales

Voilà le détail que plus personne ne regarde : le fond du composteur. En été, les fruits juteux et les tontes fraîches libèrent des quantités énormes de liquide. Si ce jus stagne au fond du bac, il fermente, se transforme en bouillon anaérobie et contamine tout le tas au-dessus. Les anciens installaient leur compost directement sur la terre nue, jamais sur une dalle en béton ou une bâche. Le sol absorbait naturellement l'excédent d'humidité, et les vers de terre remontaient d'eux-mêmes pour accélérer la décomposition. Pour un composteur posé sur du dur, il faut recréer ce drainage : une couche de 15 à 20 centimètres de branchages, de tiges creuses ou de petits cailloux au fond fait parfaitement l'affaire. Certains jardiniers ajoutent aussi une planche inclinée sous le bac pour évacuer le jus vers un récipient, qui servira ensuite d'engrais liquide dilué à 10 %. Ce liquide, appelé thé de compost, était précieusement récupéré autrefois pour arroser les rosiers ou les tomates. Aujourd'hui, on le laisse croupir sous le bac et il devient la première source d'odeurs pestilentielles dès les premières chaleurs.

Un compost qui ne sent pas, ce n'est pas de la magie ni de la chance : c'est le résultat de quatre réflexes que nos aînés appliquaient sans même y penser. Aération suffisante, matière sèche en quantité, couvercle bien pensé et drainage impeccable forment le quatuor gagnant. En retrouvant ces gestes tombés en désuétude, on transforme une corvée estivale en cycle vertueux qui nourrit le jardin. Reste une question à se poser en observant son bac : et si le vrai progrès, en matière de compostage, consistait justement à revenir aux méthodes qui fonctionnaient déjà il y a cinquante ans ?

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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