Il y a près de trente-cinq ans, Zinédine Zidane, alors jeune milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, s'offre sa première belle montre avec son premier salaire : une Pasha de Cartier en acier. Boîtier rond au dessin affirmé, bracelet en acier, poussoirs ornés de cabochons en saphir, la pièce est immédiatement reconnaissable, à mille lieues de la sobriété des montres de footballeurs actuels. Zidane l'a portée pendant des années, puis conservée précieusement.
Aujourd'hui, il s'en sépare, et c'est précisément cette histoire personnelle, doublée d'une provenance en or massif, qui fait de cette montre un objet à part sur le marché des enchères.
- La Pasha de Cartier en acier, achetée par Zinédine Zidane avec son premier salaire aux Girondins de Bordeaux, sera vendue le 9 novembre 2026 chez Christie's à Genève.
- L'intégralité des bénéfices sera reversée à ELA International, l'association de lutte contre les leucodystrophies dont Zidane est le parrain depuis plus de vingt-cinq ans.
- La vente caritative Watches for ELA réunira une vingtaine de garde-temps offerts par des maisons comme Alpina, Boucheron, Tissot ou Montblanc, après une tournée d'exposition internationale.
Une Pasha de Cartier qui remonte aux débuts de Zidane
La pièce la plus médiatique de cette vente n’a pas été fabriquée spécialement pour l’événement. Il s’agit de la première montre que Zinédine Zidane s’est offerte au début de sa carrière professionnelle, lorsqu’il jouait encore aux Girondins de Bordeaux. Une Pasha de Cartier achetée avec son premier salaire, il y a près de trente-cinq ans, puis portée pendant de nombreuses années.
Son intérêt dépasse donc largement sa référence ou sa valeur initiale. Dans un marché où la provenance peut transformer la perception d’une montre, cette Pasha réunit une histoire personnelle, une figure majeure du sport français et un modèle emblématique de Cartier. Son boîtier rond, son bracelet en acier et ses poussoirs ornés de cabochons en saphir composent un dessin immédiatement reconnaissable, très éloigné de la sobriété d’une montre de footballeur contemporaine.
La présence de cette pièce ne relève pas non plus d’un simple coup de communication. Zidane soutient ELA depuis plus de vingt-cinq ans. L’association, créée en France en 1992, finance la recherche sur les leucodystrophies et accompagne les familles touchées par ces maladies génétiques rares qui détruisent progressivement la myéline.
La montre sera vendue pendant la vente Rare Watches organisée par Christie’s à Genève le 9 novembre 2026. Elle accompagnera la deuxième édition de Watches for ELA, dont la sélection complète est désormais présentée par l’association. En 2024, la première édition avait réuni onze créations horlogères et permis de collecter 633 000 francs suisses. Une F.P. Journe confiée séparément avait porté le montant total reversé à ELA à 843 000 francs suisses, selon les résultats officiels publiés par Christie’s.
Vingt signatures et quelques propositions vraiment singulières
La sélection 2026 ne se contente pas d’aligner des variantes colorées. Alpina, Boucheron, Bovet, Dennison, Frédérique Constant, Montblanc, Tissot ou encore Maurice Lacroix côtoient des créateurs indépendants comme Cédric Johner, Felipe Pikullik, Kollokium et Konstantin Chaykin.
Certaines pièces méritent particulièrement l’attention. Louis Erard transforme ainsi son cadran en structure tridimensionnelle grâce à 2320 fils d’or 24 carats, épais de seulement 25 microns et maintenus par 3660 points de soudure. Le motif géométrique semble changer de relief avec la lumière, comme une marqueterie dont le bois aurait été remplacé par un matériau issu de la microélectronique.
Montblanc propose une Iced Sea Automatic Date 0 Oxygen dotée d’un cadran incorporant des fragments de bois subfossile trouvés dans la moraine de la Mer de Glace. Son boîtier en acier de 41 mm reçoit un traitement utilisant du quartzite provenant du massif du Mont-Blanc et conserve une étanchéité de 300 mètres. L’idée peut paraître chargée sur le papier, mais elle possède au moins une cohérence géographique et matérielle avec la collection.
Plus accessible dans son estimation, l’Alpina Heritage Alpiner Carrée Automatic revient aux formes rectangulaires des années 1930 avec un cadran saumon bicolore. Dennison associe de son côté quatre pierres dures — œil-de-tigre, lapis-lazuli, onyx et amazonite — dans une Capsule sertie de diamants. Quant à Tissot, la marque offre deux PRX Powermatic 80 mêlant acier, lunette en or jaune et cadran vert.
La vente couvre ainsi presque tous les visages de l’horlogerie actuelle : métiers d’art, pierres naturelles, haute joaillerie, complications de manufacture et design indépendant. Toutes ces montres ne susciteront pas le même désir, mais leur diversité devrait attirer bien au-delà du cercle habituel des collectionneurs. Et face à elles, la Pasha déjà portée de Zidane rappelle qu’une montre n’a pas toujours besoin d’être unique pour devenir irremplaçable.




