Ulysse Nardin remet le cosmos au poignet : la Blast Moonstruck en or rose réunit cinq indications astronomiques sur un seul cadran
Peut-on vraiment porter l’univers au poignet ? La question semble relever de la poésie plus que de la mécanique, et pourtant Ulysse Nardin y répond une nouvelle fois avec panache. La manufacture dévoile une version en or rose de sa Blast Moonstruck, une montre astronomique qui condense cinq indications célestes sur un seul cadran.
Terre suspendue, Soleil en orbite apparente, Lune fidèle à sa géométrie réelle : le spectacle est total, et il n’est réservé qu’à vingt privilégiés.
Quand un astronome rencontre l'horlogerie : la vision céleste de Ludwig Oechslin
Tout commence en 1983, lorsque l'entrepreneur Rolf Schnyder rachète la manufacture et croise la route de Ludwig Oechslin, horloger, astronome et mathématicien. Le défi lancé est audacieux : miniaturiser le cosmos dans une montre-bracelet. Deux ans plus tard naît l'Astrolabium Galileo Galilei, reconnue par le Guinness des records comme la première montre-bracelet astronomique au monde. Suivront le Planetarium Copernicus et le Tellurium Johannes Kepler, formant la légendaire Trilogie du Temps.
En 2009, la première Moonstruck simplifie cette approche autour du trio Terre-Soleil-Lune, avec un principe cher à Oechslin : la complexité doit rester dans le mouvement, jamais dans la lecture. En 2022, le modèle avait rejoint le boîtier anguleux Blast en céramique noire et titane DLC ; le voici désormais paré d'or rose.
Terre suspendue, marées et 40 ans de précision lunaire : le tour de force mécanique
Au cœur du cadran en aventurine, dont les reflets évoquent un ciel étoilé, l'hémisphère Nord apparaît gravé sous une glace saphir bombée, comme suspendu au-dessus du décor. Autour de cette Terre en trois dimensions gravitent les indications du Soleil et de la Lune. Le calibre manufacture UN-106, fort de 338 composants et doté d'un échappement et d'un spiral en silicium, orchestre l'ensemble : phase de lune d'une précision remarquable, ne déviant que d'un jour tous les 40,3 ans, jours du mois lunaire, coefficients de marée, heure mondiale sur 24 fuseaux avec indication jour/nuit, et positions du Soleil et de la Lune autour du globe.
Détail savoureux : la partie éclairée de la Lune fait toujours face au Soleil, comme dans la nature. Un mécanisme breveté permet en outre d'avancer ou reculer l'heure locale par pas d'une heure via des poussoirs latéraux, sans perturber les calculs astronomiques. Pratique quand on saute d'un fuseau à l'autre.
Vingt pièces en or rose pour capturer le cosmos : ce qu'il faut retenir
Cette édition limitée à 20 exemplaires marie un boîtier de 45 mm en or rose 18 carats à une carrure et une lunette en titane traité DLC noir, signature esthétique de la collection Blast. Le mouvement automatique offre 50 heures de réserve de marche et se dévoile par un fond saphir, masse oscillante en or rose comprise. Le bracelet en alligator noir se ferme par une boucle déployante mêlant titane noir et or rose. Côté tarif, il faudra compter 102 600 euros. Une somme à la hauteur du symbole : cette sortie accompagne le 180e anniversaire de la maison et les 25 ans de la révolution du silicium initiée avec la Freak en 2001.
En réunissant marées, phases de lune et heure mondiale dans une lecture d'une limpidité désarmante, la Blast Moonstruck prouve que la haute horlogerie peut rendre l'astronomie accessible d'un simple coup d'œil au poignet. Vingt collectionneurs auront la chance de contempler ce ballet céleste au quotidien ; pour les autres, il restera toujours le vrai ciel étoilé, gratuit celui-là, mais nettement moins précis sur les coefficients de marée.
Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !