J’ai passé huit mois en arrêt maladie à 58 ans : à la caisse de retraite, on m’a expliqué que mes trimestres étaient sauvés, mais pas forcément mon salaire moyen

Louise
Par Louise S

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Un arrêt maladie prolongé en fin de carrière ne fait pas perdre de trimestres, mais il peut rogner le montant final de la pension. C'est la mésaventure vécue par de nombreux salariés approchant de la retraite : après plusieurs mois d'absence pour raison de santé, la caisse rassure sur la validation des trimestres, mais reste plus évasive sur l'impact réel des indemnités journalières dans le calcul du salaire annuel moyen. Un sujet technique, mais essentiel à comprendre avant de partir à la retraite, surtout lorsque l'arrêt tombe sur les meilleures années de salaire.

À retenir
  • Un arrêt maladie valide un trimestre de retraite tous les 60 jours d'indemnités journalières perçues.
  • Les indemnités journalières ne sont pas soumises à cotisations vieillesse et ne sont donc jamais intégrées au salaire annuel moyen.
  • Pour l'Agirc-Arrco, l'acquisition de points nécessite un arrêt de plus de 60 jours consécutifs avec indemnités journalières effectives.

Huit mois d'arrêt maladie à 58 ans : le choc à la caisse de retraite

À 58 ans, un arrêt maladie de huit mois change la donne sur bien des plans, y compris pour la future pension. En contactant sa caisse de retraite, la première réponse se veut rassurante : les trimestres sont bien validés, grâce aux indemnités journalières perçues pendant l'arrêt. Mais une deuxième information, plus discrète, inquiète davantage : ces mêmes indemnités ne comptent pas comme un salaire dans le calcul du salaire annuel moyen, celui qui sert de base pour déterminer le montant de la retraite. Pour un salarié en fin de carrière, souvent dans ses meilleures années de rémunération, cette nuance peut peser lourd sur le calcul final.

Trimestres validés, salaire moyen menacé : comprendre le vrai calcul des indemnités journalières

La règle est claire : les indemnités journalières versées pendant un arrêt maladie ne sont pas soumises à cotisations retraite. Résultat, elles ne sont jamais intégrées comme un salaire dans le calcul du salaire annuel moyen, que ce soit pour les salariés du régime général ou pour les travailleurs indépendants. Cette règle s'explique simplement : aucune cotisation d'assurance vieillesse n'est prélevée sur ces indemnités, elles ne peuvent donc pas être comptabilisées comme une rémunération classique.

En revanche, côté trimestres, la situation est plus favorable. Pour le régime général, chaque période de 60 jours d'indemnités journalières permet de valider un trimestre de retraite. Un arrêt de huit mois, soit environ 240 jours, peut ainsi permettre de valider jusqu'à quatre trimestres d'assurance. Cette règle s'applique de la même façon aux assurés en affection de longue durée (ALD), qui perçoivent les mêmes indemnités journalières de sécurité sociale que les autres arrêts maladie.

Le taux d'indemnisation standard correspond à 50 % du salaire journalier de référence, lui-même calculé à partir des salaires bruts des trois mois précédant l'arrêt. Depuis l'été, le plafond des indemnités journalières a été revalorisé sous l'effet de la hausse du SMIC : il atteint désormais 42,97 euros bruts par jour, contre 41,95 euros auparavant. Une revalorisation bienvenue, mais qui ne compense pas totalement l'écart avec un salaire plein, surtout pour les revenus les plus élevés.

Un tableau simple permet de visualiser l'essentiel de ces règles :

Élément concerné Impact de l'arrêt maladie
Trimestres de retraite Validés tous les 60 jours d'indemnisation
Salaire annuel moyen Non impacté positivement, les indemnités ne comptent pas
Retraite complémentaire Agirc-Arrco Points acquis si l'arrêt dépasse 60 jours consécutifs
Fonctionnaires Congé de longue maladie sans effet sur le calcul

Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, une condition supplémentaire s'applique : l'acquisition de points pendant un arrêt maladie nécessite une interruption de travail de plus de 60 jours consécutifs, avec perception effective d'indemnités journalières. En dessous de ce seuil, aucun point n'est attribué pour la période concernée.

La situation diffère nettement pour les fonctionnaires. Chez eux, le temps passé en congé de longue maladie reste sans effet sur le calcul de la retraite, le mode de calcul de la pension publique ne reposant pas sur le même principe que celui du régime général.

Ce qu'il faut retenir pour protéger sa pension malgré un arrêt maladie prolongé

Le point le plus important à retenir tient en une phrase : les indemnités journalières maladie ne comptent pas dans le salaire annuel moyen. C'est cette règle, souvent méconnue, qui explique pourquoi un arrêt maladie prolongé en fin de carrière peut légèrement diminuer le montant de la pension, même si les trimestres restent sauvés. L'impact est d'autant plus sensible si l'arrêt intervient pendant les années où les revenus étaient les plus élevés, puisque ce sont justement ces années-là qui servent de référence pour le calcul.

Concrètement, pour limiter les conséquences, il est utile de vérifier son relevé de carrière après un arrêt maladie prolongé, afin de s'assurer que les trimestres ont bien été validés. Il peut aussi être pertinent de demander une simulation de pension avant de valider un départ à la retraite, pour anticiper un éventuel écart lié aux années d'arrêt. Cette vigilance est particulièrement recommandée pour les salariés proches de la retraite, pour qui chaque année de salaire pèse davantage dans le calcul final.

Huit mois d'arrêt maladie à 58 ans ne compromettent donc pas l'accès à la retraite, grâce à la validation des trimestres. Mais ils peuvent légèrement en réduire le montant, à cause de l'absence de cotisation sur les indemnités journalières. Une distinction essentielle à connaître avant de calculer sa future pension, surtout quand la santé impose un ralentissement en fin de carrière. Faut-il alors envisager des solutions d'épargne complémentaire pour compenser ce type d'aléa ? La question mérite d'être posée bien avant l'arrivée d'un arrêt maladie.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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