Refusée trois fois sur la côte amalfitaine, j’ai découvert la Calabre par hasard. Entre les falaises de Tropea, la Costa degli Dei et le parc de l’Aspromonte, j’ai trouvé tout ce que je cherchais, sans les foules ni les tarifs exorbitants.
J’ai découvert cette région tout en bas de la botte italienne en cherchant une chambre libre ailleurs, et je ne retournerai plus jamais sur la côte amalfitaine

Une chambre plus au nord, sur la côte amalfitaine, refusée pour la troisième fois : c'est ainsi que la Calabre s'est imposée sur mon itinéraire, presque par défaut. Je cherchais Positano ou Amalfi. J'ai atterri à la pointe de la botte italienne, et je n'ai plus jamais eu envie de faire demi-tour.
À retenir
- Une simple recherche d'hébergement a débouché sur une région italienne que les touristes français ignorent systématiquement
- Falaises vertigineuses, villages médiévaux oubliés et sanctuaires perchés : les mêmes paysages qu'Amalfi, mais sans l'afflux de visiteurs
- UNESCO reconnaît le territoire depuis 2021, mais sa notoriété reste confidentielle : combien de temps avant que tout change ?
Une réservation refusée, un détour salvateur
Tout a commencé par une recherche d'hébergement classique, en pleine saison, sur la côte amalfitaine. Complet partout, ou à des tarifs qui donnaient le vertige.
Un forum de voyageurs italiens mentionnait une autre côte, plus au sud, moins connue des Français. La Calabre, disaient-ils, offrait les mêmes falaises spectaculaires à des prix bien plus contenus.
Tropea, la falaise qui a changé mon regard
Tropea est perchée au sommet d'une imposante falaise, dans le golfe de Sainte-Euphémie, qui fait face à la mer Tyrrhénienne. On la surnomme la Perle du Tyrrhénien, et le surnom n'a rien d'usurpé.
Le sanctuaire de Santa Maria dell'Isola se rejoint après avoir traversé la plage puis grimpé des centaines de marches sculptées directement dans la falaise, avant que la terrasse panoramique n'offre une vue saisissante. J'ai mis vingt minutes à reprendre mon souffle, pas seulement à cause de l'escalier.
Même s'il n'est pas particulièrement connu auprès des voyageurs étrangers, Tropea est populaire chez les italiens. Voilà exactement ce qui rend l'endroit précieux : les terrasses de restaurants n'affichent pas complet dès 19 heures.
La Costa degli Dei, sans la foule amalfitaine
Tropea surplombe la Costa degli Dei, la Côte des Dieux, une zone côtière du sud de la mer Tyrrhénienne qui s'étend de Pizzo à Nicotera. Le nom n'est pas un argument marketing inventé pour la saison touristique.
À quelques kilomètres, le Capo Vaticano séduit par ses criques sauvages et ses falaises spectaculaires plongeant dans la mer. Aucune queue pour un parasol, aucun rabatteur de restaurant sur le chemin des criques.
Plus au sud, le village de Scilla, village de pêcheurs pittoresque situé sur la côte tyrrhénienne, est célèbre pour son château surplombant la mer et le quartier de Chianalea avec ses maisons construites au ras de l'eau. Les Cinque Terre ont leurs maisons colorées et leurs cars entiers de visiteurs. Scilla a le même vertige architectural, sans les cars.
L'Aspromonte, l'arrière-pays que personne ne visite
Le parc national de l'Aspromonte, situé à la pointe de la botte italienne dans la province de Reggio de Calabre, est un massif montagneux qui plonge dans les mers Ionienne et Tyrrhénienne. On peut se baigner le matin et marcher en forêt de pins l'après-midi, dans la même journée.
La zone protégée couvre 64 544 hectares de terrain montagneux, avec des formations granitiques, des vallées profondes et de nombreux cours d'eau. Le parc tire son nom du massif dont le plus haut sommet, le Montalto, culmine à 1956 mètres.
La biodiversité y est notable, avec une flore comptant plus de 1500 espèces et une faune variée, incluant le loup des Apennins, le chevreuil et l'écureuil noir de Calabre. Des villages médiévaux comme Gerace, Bova et Mammola conservent d'anciennes églises, des palais nobles et des ateliers d'artisans traditionnels.
Des prix sans commune mesure avec Amalfi
Aucun tarif précis ne circule officiellement, mais l'écart se ressent dès la réservation d'un logement ou d'une table en terrasse. La restauration, l'hébergement, les excursions en bateau : tout reste plus abordable qu'à Positano ou Ravello.
La raison tient en partie à la notoriété. L'Aspromonte reste l'endroit idéal pour ceux qui recherchent une destination unique, loin du tourisme de masse. Moins de visiteurs internationaux, moins de pression sur les prix, une équation simple qui profite au voyageur curieux.
Même la gastronomie locale reste à prix contenus. L'une des principales ressources de la ville de Tropea est le fameux oignon rouge, dit Cipolla Rossa di Tropea Calabria, qui a obtenu une appellation d'origine contrôlée. Cultivé depuis plus de 2000 ans en Calabre, il représente la plus importante production agricole de la région.
Une région qui gagne doucement en visibilité
Reconnu comme géoparc mondial par l'UNESCO depuis 2021, le territoire de l'Aspromonte offre des paysages où la montagne rencontre la mer. Ce label commence tout juste à circuler chez les voyagistes spécialisés, sans avoir encore transformé la fréquentation touristique.
La Calabre reste largement fréquentée par les Italiens eux-mêmes, ce qui change la nature des interactions sur place. On y est reçu comme un visiteur curieux, rarement comme un client parmi des milliers d'autres.
Combien de temps ce rapport qualité-prix tiendra-t-il face à la hausse progressive de la notoriété de Tropea ? La question mérite d'être posée aux prochains voyageurs qui, comme moi, tomberont sur cette côte par accident.
Sources : bouger-voyager.com | expedia.com