Marre de cuire en Andalousie ? Dans le nord de l’Espagne, cette côte verte séduit de plus en plus de Français
Pendant longtemps, l’équation semblait simple : Espagne égal soleil, et soleil égal Andalousie.
Séville, Cordoue, Malaga ou Cadix ont longtemps concentré l’essentiel des envies estivales. Mais depuis quelques années, quelque chose change. Les températures qui s’envolent en plein été poussent de plus en plus de voyageurs à revoir leurs habitudes.
Quand il fait déjà plus de 35 °C avant le déjeuner et que la moindre promenade devient un exercice d’endurance, certains finissent par se poser une question toute simple : est-il vraiment nécessaire d’avoir très chaud pour passer de bonnes vacances ?
La réponse, de plus en plus de Français vont la chercher dans le nord de l’Espagne.
Et plus précisément dans les Asturies.
Une Espagne que beaucoup découvrent sur le tard
Le contraste surprend toujours ceux qui arrivent pour la première fois.
Ici, les collines sont vertes. Les prairies descendent vers l’océan. Les vaches paissent à quelques kilomètres de plages sauvages battues par les vents atlantiques.
On est bien en Espagne, mais loin des images habituelles de terres sèches et de villages écrasés de soleil.
La côte asturienne, que les Espagnols appellent la Costa Verde, doit son nom à cette végétation omniprésente. Grâce à l’influence de l’Atlantique, les étés y restent généralement beaucoup plus supportables que dans le sud du pays.
Pendant que certaines villes andalouses suffoquent sous des températures proches ou supérieures à 40 °C, le littoral asturien affiche souvent des valeurs plus modérées.
Une différence qui change tout quand on aime marcher, visiter ou simplement profiter d’une terrasse sans chercher désespérément un coin d’ombre.
Des stations balnéaires qui ont gardé les pieds sur terre
Ce qui frappe également dans les Asturies, c’est l’absence de mise en scène.
À Gijón, principale ville côtière de la région, les habitants continuent de vivre au rythme de l’océan. On se promène sur le front de mer, on s’attarde dans les rues de Cimavilla, l’ancien quartier de pêcheurs, et l’on finit souvent la journée attablé face à la baie.
Plus à l’est, Llanes ou Ribadesella cultivent le même charme discret.
Pas de marina géante ni de défilé permanent de yachts. Ici, les ports restent des ports, les terrasses accueillent autant les habitants que les visiteurs, et les plages semblent parfois avoir échappé aux grandes transformations du tourisme moderne.
Cette simplicité plaît particulièrement à ceux qui ne cherchent plus à collectionner les lieux à la mode mais à profiter d’un séjour serein.
La mer le matin, la montagne l’après-midi
Les Asturies possèdent un autre avantage rarement égalé en Europe.
À moins d’une heure de la côte surgissent les Picos de Europa, l’un des plus beaux massifs montagneux d’Espagne.
Depuis les villages de Cangas de Onís ou de Covadonga, les paysages changent brutalement. Les falaises maritimes laissent place aux sommets, aux vallées verdoyantes et aux routes qui serpentent entre les montagnes.
Cette proximité permet d’alterner facilement baignades, balades en bord de mer et escapades en altitude sans multiplier les kilomètres.
Pour beaucoup de voyageurs, c’est précisément ce mélange qui fait tout le charme de la région.
Une région où l’on prend encore le temps de vivre
Impossible de parler des Asturies sans évoquer la table.
La célèbre fabada asturienne, généreux plat à base de haricots blancs, de chorizo et de boudin, reste un incontournable. Les poissons fraîchement débarqués, les fromages de montagne et le cidre local occupent également une place importante dans la vie quotidienne.
Mais au-delà des spécialités, c’est surtout une certaine manière de vivre qui séduit.
Ici, le repas n’est pas une parenthèse entre deux activités. On s’installe, on discute, on regarde passer les heures. Personne ne semble pressé de libérer sa table.
Une philosophie qui correspond finalement assez bien à ce que recherchent aujourd’hui de nombreux voyageurs.
Le nord de l’Espagne n’est plus un secret
Les Asturies ne remplaceront jamais l’Andalousie. Les deux régions racontent des histoires différentes.
Mais à mesure que les étés deviennent plus chauds, le nord de l’Espagne attire ceux qui veulent continuer à voyager sans subir la météo.
Moins connue que la Costa del Sol, moins fréquentée que certaines grandes stations méditerranéennes, la Costa Verde offre une autre idée des vacances : plus d’espace, davantage de fraîcheur et ce sentiment devenu rare de pouvoir profiter pleinement de ses journées.
Au fond, le luxe n’est peut-être plus de trouver le soleil. Il est parfois simplement de pouvoir rester dehors quand il brille.

