J’ai sorti le contrat obsèques que ma mère avait signé douze ans plus tôt : aux pompes funèbres, on m’a expliqué ce que la famille devrait payer en plus

Un contrat obsèques signé douze ans plus tôt s’est révélé insuffisant au décès de la mère. La conseillère des pompes funèbres a annoncé un montant à la charge de la famille. Entre contrats en capital et contrats en prestations, les pièges et les risques diffèrent radicalement.

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Par L'équipe JDS

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Le contrat était rangé dans une boîte à archives, coincé entre le livret de famille et de vieux relevés de la Caisse d'épargne. Ma mère l'avait signé douze ans plus tôt, convaincue d'avoir réglé la question une fois pour toutes. Aux pompes funèbres, la conseillère a ouvert le dossier et m'a annoncé, sans détour, la somme qui resterait à la charge de la famille.

Ce montant, je ne l'avais pas vu venir.

Un contrat obsèques peut prendre deux formes bien différentes, et personne ne prend vraiment le temps de l'expliquer au moment de la signature. Le premier, dit en capital, prévoit le versement d'une somme d'argent au décès. Le second, dit en prestations, fixe à l'avance la liste précise des services avec un opérateur funéraire désigné. Ma mère avait opté pour la première formule, sans vraiment mesurer ce que cela impliquait.

À retenir
  • Un contrat obsèques en capital ne garantit qu'une somme d'argent, pas le coût réel des services funéraires.
  • L'inflation des tarifs funéraires surpasse généralement la revalorisation des contrats, créant un déficit à la charge de la famille.
  • Les contrats en prestations fixent précisément les services et évitent les mauvaises surprises financières au moment du décès.

Capital versé, prestations non garanties

Un contrat en capital garantit une somme, pas un service. Le bénéficiaire perçoit l'argent prévu au contrat, mais rien n'assure que ce montant couvrira la cérémonie, le cercueil ou le transport souhaités.

Le contrat en prestations fonctionne autrement. Il s'appuie sur une convention signée avec un opérateur funéraire, qui détaille précisément les services qui seront réalisés au moment du décès, et le capital est versé directement à cette entreprise désignée, sans que les proches aient à avancer quoi que ce soit. Les volontés sont donc fixées noir sur blanc, jusqu'au choix du cercueil. Vous n'avez plus qu'à présenter le document le jour venu. Encore faut-il l'avoir retrouvé à temps.

Deux logiques, deux risques opposés.

Quand l'inflation grignote le capital

Le problème du contrat en capital tient à une variable que personne ne maîtrise vraiment : le temps. Selon des données transmises au Sénat, l'indice des prix dans le secteur funéraire a fortement progressé au cours des vingt dernières années, alors que la revalorisation des contrats obsèques reste inférieure à l'évolution des prix des services funéraires, ce qui peut rendre le capital insuffisant au moment de son utilisation. Douze ans de cotisations n'avaient pas suivi douze ans de hausse des tarifs funéraires.

Le rapport public annuel de la Cour des comptes de 2019 note que « parfois, l'opérateur prend en charge la différence entre le capital disponible et le coût effectif des prestations ». Mais selon ce même rapport, c'est dans la très grande majorité des cas la famille qui apporte le complément financier.

Les professionnels du secteur évaluent le coût moyen d'une obsèque autour de 3 800 euros pour une inhumation et 4 000 euros pour une crémation, une facture à régler sous six jours ouvrés après le décès. Douze ans plus tôt, le capital souscrit par ma mère semblait largement suffisant pour couvrir ce type de dépense. Au moment du décès, l'écart entre le montant garanti et le prix réellement pratiqué par l'agence funéraire était devenu concret, chiffré, non négociable. C'est cet écart, précisément, que la conseillère m'a détaillé poste par poste.

Prisonniers de l'opérateur désigné

Le contrat en prestations p

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