J’ai payé le livreur de fioul avec un chèque daté du mois prochain : au guichet, on m’a expliqué pourquoi la banque n’avait pas attendu

Un chèque postdaté n’existe pas légalement : la banque peut le payer dès sa présentation, indépendamment de la date inscrite. L’article L131-31 du Code monétaire et financier le confirme sans ambiguïté. Un rejet pour défaut de provision entraîne 5 ans d’interdiction bancaire.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Un chèque daté du mois prochain est payable le jour de sa présentation, sans exception légale.
  • La provision doit être disponible au moment du dépôt du chèque, pas à la date inscrite.
  • Un rejet pour défaut de provision entraîne 5 ans d'interdiction bancaire si la situation n'est pas régularisée.

Une date au mois prochain, un paiement dès aujourd'hui

Un chèque daté du mois prochain ne retarde rien : la banque peut le payer le jour même où le livreur le dépose. L'article L131-31 du Code monétaire et financier ne laisse aucune marge d'interprétation.

Ma cuve était à remplir, mon compte pas encore.

La facture de fioul atteignait 1 200 €, une somme que mon compte n'aurait couverte qu'après un prochain versement. J'ai donc rédigé le chèque avec la date du mois suivant, en pensant que la banque patienterait jusque-là. Cette croyance circule beaucoup à l'automne, quand les cuves se remplissent et que les factures tombent en même temps.

Au guichet, la conseillère m'a écouté sans sourire. Elle a sorti le texte, m'a montré la phrase qui compte, puis m'a expliqué que la date inscrite sur le papier ne dicte pas le moment du paiement. Elle m'a aussi dit que la banque n'avait aucune raison de faire ce que je croyais, et que je n'étais ni le premier ni le dernier à faire cette erreur.

Ce que dit exactement le texte

Le Code monétaire et financier pose que le chèque est payable à vue. Toute mention contraire est réputée non écrite, ce qui règle le sort d'une date fantaisiste comme celle que j'avais choisie. Le texte est en vigueur dans cette rédaction depuis le 31 décembre 2005.

Sa dernière phrase vise mon cas : un chèque présenté avant le jour indiqué comme date d'émission est payable le jour de la présentation. La date future n'a donc aucun effet sur le calendrier du paiement.

Le chèque ne connaît pas le paiement différé.

Pourquoi la banque n'a pas attendu

La banque n'a pas fait preuve de zèle, elle a appliqué la règle. Rien dans le texte ne lui demande de conserver le chèque au chaud jusqu'à la date écrite. Ce n'est pas une politique d'agence, c'est le droit commun du chèque.

Ce que beaucoup ignorent, c'est le point suivant : le compte doit être approvisionné dès la présentation, pas à la date qui figure sur le papier. Un chèque postdaté est un chèque ordinaire, avec la même exigence de provision qu'un autre. Si les fonds manquent le jour où le livreur dépose son titre, le chèque est rejeté. La date du mois prochain n'y change rien.

J'avais pris un délai de courtoisie pour un délai légal.

Le livreur avait parfaitement le droit

Le livreur n'a commis aucune faute. Il a reçu un chèque, il a le droit de le déposer quand il le souhaite, y compris le lendemain. Le texte le permet, et il n'y a là ni abus ni mauvaise foi de sa part.

Rien ne l'oblige à patienter.

La responsabilité pèse sur celui qui signe. C'est à l'émetteur de s'assurer que la somme est disponible au moment où le chèque sera présenté, et ce moment ne dépend pas de lui.

Le vrai danger : le rejet et ses cinq ans

Si la provision manque, le chèque est rejeté. Le livreur n'est pas payé, et l'émetteur entre dans une zone de risque bien plus sérieuse que la simple gêne d'un découvert. Un rejet pour défaut de provision n'a rien d'un incident anodin.

Selon service-public.gouv.fr, l'émetteur devient alors interdit bancaire pour 5 ans, sauf s'il régularise sa situation. Cinq ans, cela représente 60 mois. Pour 1 200 € de fioul que l'on pensait pouvoir régler un mois plus tard, la sanction paraît disproportionnée. Elle est pourtant réelle, et c'est ce que la conseillère voulait me faire mesurer.

La régularisation est la seule porte de sortie prévue.

Comment s'y prendre la prochaine fois

Le premier réflexe tient en un geste : regarder son solde avant de signer. Datez ensuite le chèque du jour où vous l'écrivez, sans artifice. Si la somme n'est pas disponible, le chèque ne devrait pas partir.

Il reste la discussion avec le fournisseur. Certains professionnels acceptent peut-être un autre calendrier de règlement, ou un autre moyen de paiement, pour une livraison de cette taille. Cela se demande avant la livraison, pas après.

Un rendez-vous avec votre conseiller peut aussi éclairer vos options quand un gros règlement tombe avant un versement attendu. Il verra votre situation exacte, ce qu'aucun article ne peut faire à sa place. Il pourra vous dire ce qui est possible pour votre compte, avant que la question ne se pose au dépôt du chèque.

La page de service-public.gouv.fr consacrée à l'interdiction bancaire détaille les conditions de la régularisation. Elle vaut d'être lue avant d'en avoir besoin, pas après.

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