On croit souvent que le ciel nous punit en hiver, qu'il nous confisque une heure de lumière sans prévenir. Franchement, j'entends cette phrase tous les ans, au bureau, en salle de sport, partout : « l'heure d'hiver nous vole une heure de jour ». Sauf que non. Le Soleil, lui, suit sa trajectoire sans se soucier de nos montres. Ce qui change, c'est l'étiquette qu'on colle sur les heures, pas la quantité de lumière qui tombe du ciel. Alors avant de râler sur la nuit qui tombe trop tôt, petit décryptage pour remettre les pendules à l'heure, au sens propre comme au figuré.
- Le passage à l'heure d'hiver a lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, en reculant les montres d'une heure
- Entre le 24 et le 25 octobre à Paris, la durée réelle du jour ne diminue que d'environ 3 minutes, passant de 10 h 19 à 10 h 16
- Le projet européen de suppression du changement d'heure, voté en 2019, a été ajourné et n'est plus à l'ordre du jour
Ce dimanche 25 octobre 2026, nos montres reculent d'une heure à 3 heures du matin
Le rituel est connu, mais autant le rappeler clairement : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, il faudra reculer les montres d'une heure. Concrètement, à 3 heures du matin, il sera en réalité 2 heures. Une heure de sommeil en plus, donc, et ça, personnellement, je ne vais pas m'en plaindre. Ce changement n'a rien d'une lubie récente : il a été instauré en France suite au choc pétrolier de 1973-1974, dans un objectif d'économie d'énergie. Depuis 1998, les dates sont harmonisées au sein de l'Union européenne, avec une règle fixe pour tous les pays membres : passage à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre, et retour à l'heure d'été le dernier dimanche de mars. Un mécanisme bien huilé, répété chaque année, mais qui continue visiblement à semer la confusion sur ce qu'il se passe réellement dans le ciel.
Non, l'heure d'hiver ne supprime aucune heure de lumière naturelle dans le ciel
Voici le point qu'il faut vraiment retenir : le passage à l'heure d'hiver avance d'environ une heure les horaires affichés du lever et du coucher du Soleil, mais il ne retire absolument pas une heure à la durée astronomique du jour. Prenons l'exemple de Paris. Le samedi 24 octobre, le coucher du Soleil est annoncé à 18 h 44. Le lendemain, dimanche 25 octobre, il tombe à 17 h 42. Vu comme ça, on a l'impression d'avoir perdu une grosse heure de clarté d'un coup. Sauf que la durée réelle du jour, elle, ne passe que de 10 h 19 minutes à environ 10 h 16 minutes. La baisse naturelle n'est donc que de quelques minutes, pas d'une heure entière. C'est un piège classique : on compare deux horaires affichés sur l'horloge, sans réaliser que l'échelle elle-même vient de bouger. Une partie de la lumière qu'on pensait perdue le soir se retrouve en réalité plus tôt dans la matinée, simplement parce que l'heure légale a changé de référentiel. Le Soleil se lève plus tôt selon la montre, il se couche plus tôt aussi, mais le nombre d'heures de clarté qu'il nous offre réellement, lui, évolue à son propre rythme, celui des saisons, pas celui du changement d'heure.
Pourquoi ce changement d'heure existe toujours malgré les tentatives de suppression européennes
On aurait pu croire que ce rituel biannuel allait disparaître. En mars 2019, les eurodéputés ont voté la suppression du changement d'heure saisonnier, avec une mise en application initialement prévue en 2021. Mais le projet a été ajourné, notamment en raison de la crise sanitaire de la Covid-19, qui a largement bousculé les priorités politiques de l'époque. Résultat : ce texte sur la suppression du changement d'heure n'est aujourd'hui plus à l'ordre du jour, et aucune date future n'est précisée pour une éventuelle suppression définitive. Autrement dit, on continue de reculer et d'avancer nos montres deux fois par an, comme une vieille habitude dont on n'arrive pas à se débarrasser.
Alors, la prochaine fois qu'on vous dira que l'heure d'hiver vole une heure de jour, vous saurez quoi répondre : le Soleil n'a rien volé du tout, c'est juste l'horloge qui a changé de repère. Ce dimanche, profitez plutôt de cette heure de sommeil offerte pour vous lever un peu plus reposé, et gardez à l'esprit que le vrai sujet, c'est la baisse progressive de la luminosité liée aux saisons, pas ce fameux changement d'heure qu'on adore accuser un peu trop vite.


