Depuis soixante ans, mes mains tiennent le volant exactement là où on me l’a appris. Puis ma petite-fille a posé les siennes sur le mien, et m’a demandé pourquoi je tenais encore le cercle si haut.
J’ai toujours tenu mon volant à 10 h 10, comme à l’auto-école : ma petite-fille, qui vient d’avoir son permis, m’a expliqué pourquoi on ne l’apprend plus

- Les auto-écoles enseignent 9 h 15 depuis la généralisation de l'airbag.
- La partie haute du volant est exposée si un airbag central se déclenche.
- Les pouces doivent rester sur la jante, jamais à l'intérieur du cercle.
- Les clignotants sont placés pour être atteints facilement à 9 h 15.
Ce que 9 h 15 a changé depuis l'auto-école
Les auto-écoles enseignent 9 h 15 depuis la généralisation de l'airbag, et plus 10 h 10. Ma petite-fille, qui vient de décrocher son permis, me l'a expliqué en observant mes mains sur le volant, avec ce mélange de patience et d'amusement que les jeunes conducteurs réservent à leurs aînés. Moi qui tenais le cercle comme on me l'avait montré, j'ai découvert que ce réflexe avait pris un sérieux coup de vieux.
Les 2 mains se placent comme les aiguilles d'une montre à 9 h 15.
Si vous lisez surtout l'heure sur un écran, pensez plutôt à une boussole : la main gauche à l'ouest, la droite à l'est, de chaque côté du volant et à mi-hauteur. Les épaules restent détendues. Une fois l'examen passé, pourtant, beaucoup de conducteurs reviennent à la position qui leur semble la plus confortable, quitte à ne garder qu'une main sur le haut du volant.
Ce que l'airbag a changé au centre du volant
La prise à 10 h 10 date d'une époque de volants sans direction assistée et sans airbag. Aucun coussin ne dormait alors au centre du cercle, et la consigne a survécu bien plus longtemps que les voitures qui l'avaient inspirée.
La plupart des voitures actuelles logent un airbag au centre du volant. Si celui-ci se déclenche alors que les mains sont en haut de la couronne, elles se trouvent sur sa trajectoire. Les avant-bras peuvent être projetés vers le visage.
Une seule main en haut du volant suffit : le bras encaisse toute la force.
Les conseils de sécurité routière relayés par la police belge évoquent des fractures potentielles quand la main est posée en haut du volant au moment du déclenchement. L'ampleur d'une blessure dépendrait aussi de la violence du choc, de la ceinture, du siège et de la distance au volant. Quant au gain exact de sécurité, aucun chiffre sérieux ne le mesure ici, et mieux vaut se méfier de ceux qui en brandissent. Reste la logique mécanique : des mains placées plus bas laissent la place libre au coussin.
Les pouces, à ranger sur la jante
Un autre geste devrait disparaître : enrouler les pouces autour du volant. En cas de déclenchement de l'airbag, on risque de se blesser, d'où l'habitude à prendre de les poser sur la jante ou le long, jamais à l'intérieur du cercle.
Glisser la main à l'intérieur du volant pour changer de direction relève du même danger. Des consignes de sécurité routière y associent un risque de fracture de l'avant-bras en cas de choc. Mieux vaut tirer le volant d'une main et laisser l'autre accompagner le mouvement.
Braquer, signaler, rester maître de la trajectoire
À 9 h 15, la prise est meilleure pour braquer, et le conducteur agit avec plus de précision et de force sur le volant. Dans une courbe légère, les mains restent en place et accompagnent la route sans à-coups ; dans un virage plus prononcé, on remonte celle du côté où l'on tourne, tandis que l'autre accompagne le mouvement.
Après le virage, mieux vaut guider soi-même le volant vers sa position initiale que le laisser filer entre les doigts. On évite aussi de croiser les bras pendant la manœuvre, comme le recommandent des consignes de sécurité routière. Une main qui remonte dans un virage prononcé n'a rien d'interdit. Elle redescend ensuite à sa place, à hauteur du 9 ou du 3 du cadran.
Les commandes suivent la même logique. Les clignotants, à commencer par eux, sont placés de façon que les doigts les atteignent facilement quand les mains sont à 9 h 15, et moins bien si on les place ailleurs. Les essuie-glaces et le régulateur de vitesse, selon les voitures, se trouvent eux aussi à portée de doigts.
À une seule main, on contrôle moins bien une manœuvre d'urgence. Même sur une longue ligne droite, les 2 mains restent donc en place, prêtes à réagir à une difficulté ou à un obstacle.
10 h 10 est-il devenu interdit ?
Non, et mieux vaut le dire clairement. Certaines sources pédagogiques admettent encore « 9 h 15 ou 10 h 10 » selon la situation. Un site de préparation au code laisse même le choix entre l'une, à l'horizontale, et l'autre, légèrement relevée, en ajoutant que les mains doivent rester souples, sans crispation. Les auto-écoles, elles, enseignent 9 h 15 depuis la généralisation de l'airbag, ce qui explique pourquoi on ne l'apprend plus.
Nos permis d'autrefois n'ont donc rien d'une faute.
À titre personnel, je retiens moins l'heure exacte que la zone à éviter : la partie haute du volant, devenue sensible dès qu'un airbag se loge au centre. Tenez la jante plus bas, et la querelle entre les 2 horaires perd beaucoup de son urgence.
Descendre d'un cran sans y penser
Concrètement, chaque main descend d'un cran : la gauche vers le 9 du cadran, la droite vers le 3. Les premiers kilomètres sembleront peut-être étranges, le temps que les doigts retrouvent leurs repères sur les clignotants. Une route de campagne bien connue, sans circulation dense, aide à fixer le nouveau réflexe.
Contrôlez ensuite votre distance au volant. Posez le poignet au sommet de la jante : le bras doit être presque entièrement tendu à ce moment-là et l'épaule rester plaquée au dossier ; si vous devez vous pencher en avant pour y parvenir, le siège est trop reculé.
Les épaules comptent autant que les mains. Une tension dans le haut du dos après 10 minutes de conduite indique que la position n'est pas la bonne. Des bras légèrement fléchis, jamais tendus à fond, absorbent aussi mieux le choc de l'airbag.
La police belge ramène le minimum à 2 règles : 9 h 15, et les 2 mains sur le volant le plus souvent possible. Les amateurs de 10 h 10 ne sont pas condamnés pour autant, puisque certaines sources l'admettent encore selon la situation.
Sources : ncbi.nlm.nih.gov | en.wikipedia.org
