Quelles sont les cinq étapes du deuil et comment y faire face ?

Après la perte d’un être cher, il est normal de passer par le deuil. Le cerveau met en place des mécanismes pour vous aider à vous reconstruire et à retrouver, petit à petit, une vie normale. Comment fonctionne le deuil ? Quelles sont les différentes étapes pour y faire face ? Qui du deuil psychologique ?

Par Alexandra Tinois
5 étapes Du Deuil
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Qu'est-ce que le deuil ?

Il est douloureux de perdre un être cher. Rien de plus normal que de ressentir de la tristesse. Il faut toutefois faire la différence entre la tristesse (le deuil normal) et la dépression (le deuil pathologique).

Le deuil est un processus normal après la perte d'un proche. Il s'agit de la période dont vous aurez besoin pour guérir votre blessure. Ce deuil peut durer plus ou moins longtemps, selon les personnes. Il est primordial de savoir écouter ses émotions et de ne pas les refouler.

Faire son deuil ne veut pas dire que vous devez oublier la personne défunte. N'essayez pas de brûler les étapes. Il faut apprendre à vivre avec son chagrin.

Faire la différence entre le deuil normal et le deuil pathologique

Lors d'un deuil dit « normal », vous pouvez avoir du chagrin, pleurer, ressentir une perte d'appétit, voir votre sommeil perturbé, faire des cauchemars, être plus fatigué que d'habitude. Il est aussi possible que vous vous reprochiez de ne pas avoir fait assez pour votre proche décédé ou bien de ne pas avoir discuté de certaines choses...

Le deuil pathologique, lui, dure plus longtemps, et est ressenti plus intensément. La personne ne parvient pas à faire face à la perte de l'un de ses proches et ressent une vive détresse.

Il peut y avoir des idées noires, une certaine culpabilité morbide ou un ralentissement dans les idées comme dans les déplacements.

Le deuil pathologique peut durer plus de 12 mois. On peut observer certains signes, comme :

  • des états anxieux ou dépressifs ;
  • un traumatisme lié à la séparation ;
  • ne plus avoir de but ;
  • des gestes ralentis ;
  • une forte culpabilité ;
  • des idées noires voire des pensées suicidaires ;
  • des problèmes d'appétit (épisodes d'anorexie et/ou de boulimie) ;
  • des troubles physiques et psychologiques (addictions, ulcères voire cancers).

On peut également observer une agoraphobie ou une phobie sociale. Il devient impossible de sortir de chez soi et de rencontrer d'autres personnes.

Combien de temps dure le deuil ?

Il n'y a pas vraiment de durée établie en ce qui concerne le deuil. On considère qu'il faudrait entre quelques semaines et une année pour se remettre de la mort d'un proche. Au-delà, on parlera de deuil pathologique.

Cela va dépendre de votre personnalité, de votre attachement à la personne défunte et au contexte du décès. Un décès plus inattendu ou violent peut occasionner un deuil pathologique car vu comme plus agressif. Cela peut créer un sentiment de culpabilité mais aussi de colère.

Si vous n'avez pas de soutien émotionnel ou si vous avez, vous-même, des difficultés dans votre vie personnelle, cela peut aussi rendre plus difficile votre période de deuil.

Les étapes du deuil

Faire son deuil peut être violent mais c'est un chemin normal qu'emprunte n'importe quelle personne suite à la perte d'un proche (mais également de la perte de son travail ou de sa relation amoureuse, par exemple).

Le cerveau met en place divers mécanismes afin de vous aider à vous reconstruire suite à un deuil et à retrouver une vie normale.

Le choc

Lorsque l'on perd un être cher, la première réaction est le choc. Il enclenche le processus de deuil. Cela apparaît dès l'annonce de la perte d'un proche. Parfois, certaines personnes semblent ne rien ressentir du tout.

Le déni

Le déni consiste à refuser d'admettre la réalité de la nouvelle que l'on nous annonce, de manière consciente ou non. Vous pouvez être comme totalement hors de la réalité actuelle, perdu dans vos pensées, comme absent.

C'est une étape relativement courte mais de forte intensité. C'est un moyen d'éviter de souffrir, de refuser la réalité.

La colère

Maintenant qu'il n'est plus possible de nier la réalité commence l'étape de la colère. Vous pouvez ressentir de la colère ou de l'injustice envers vous-même ou les autres, notamment l'équipe soignante chargée de la personne.

Si vous connaissez quelqu'un qui vient de vivre un deuil, ne vous étonnez pas si la personne change subitement de comportement et devient plus agressif. C'est un processus normal.

Le marchandage

Ici, on est plutôt sur une étape spirituelle. En effet, la personne souffrant du deuil essaie de trouver des alternatives, de se tourner vers Dieu ou une force supérieure pour faire revenir la personne décédée.

C'est une étape liée à un sentiment d'impuissance mais aussi à l'espoir que la situation puisse s'annuler. On se berce alors d'illusions.

La dépression et la tristesse

Une fois la colère passée, et quand on se rend compte que le marchandage est inutile, la personne en deuil ressent l'absence de son proche parti et a l'impression d'avoir perdu ses repères. C'est une étape absolument essentielle lors du processus du deuil même si très douloureuse.

Cette étape est sans doute la plus longue et il n'est pas rare que des retours en arrière s'opèrent vers la colère ou le marchandage. Il est important d'avoir du soutien lors de cette étape et d'éviter de vous isoler ou de vous couper du monde.

La résignation

Lors de cette étape, la personne perd tout espoir. La personne en deuil n'essaie plus de changer la situation. Elle a des difficultés à se projeter dans l'avenir. Elle doit donc se résigner. La douleur ne disparaît pas mais elle s'intègre dans son parcours de vie.

L'acceptation

C'est une étape à prendre absolument en compte. Vous baissez alors votre garde, acceptez la perte et commencez à penser aux bons moments que vous avez vécus avec la personne comme aux mauvais.

Vous devez apprendre à vivre autrement et à reprendre confiance en vous. Il faut apprendre à vivre et à réorganiser sa vie mais sans la personne perdue.

La reconstruction

Après l'acceptation, on peut également citer la reconstruction personnelle. En effet, la personne peut voir sa vie différemment et prendre conscience de son existence. Vous pouvez tenter de mettre en place de nouveaux projets ou tisser des liens avec d'autres personnes.

Se faire aider en cas de deuil

Le deuil est une étape difficile à passer et qui peut occasionner beaucoup de souffrance. Il peut, parfois, être utile de se faire aider par un professionnel de manière à améliorer le processus de guérison.

En cas de deuil normal, vous êtes invité à exprimer vos émotions, à ne pas les réprimer, à évoquer vos besoins et vos ressentiments. On peut vous conseiller, pour mettre en place le processus de résilience, d'écrire une lettre à la personne défunte puis d'attendre le lendemain pour la lire à haute voix. Vous pouvez ensuite rédiger une réponse, comme si le défunt s'adressait à vous.

Si vous souffrez de deuil pathologique, il est essentiel de vous aider par un professionnel de santé. Commencer une psychothérapie peut avoir des effets bénéfiques. Vous pouvez décider de suivre une prise en charge individuelle ou de passer par une psychothérapie collective, notamment des groupes de parole ou d'entraide.

Si la dépression est avérée, votre médecin peut vous prescrire des antidépresseurs pour vous aider. On peut également vous proposer des clés pour vous libérer de l'anxiété liée au deuil. Cela passe par la méditation, la cohérence cardiaque, la sophrologie, la relaxation ou encore l'hypnose.

À noter :
Si vous ou l'un de vos proches avez des pensées suicidaires ou si vous êtes affecté par le suicide d'un de vos proches, vous pouvez appeler le 3114, le numéro national de prévention du suicide.

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