Un soir devant Prime Video, le choix se porte volontiers sur une promesse familière : un voleur élégant, un coup impossible et quelques complications familiales. Disponible depuis quelques jours en exclusivité sur la plateforme, Masterplan réunit ces ingrédients autour de Stanley Tucci et d’une cible immédiatement reconnaissable : La Joconde.
Le film s’est déjà hissé en tête du classement français, malgré un accueil critique peu enthousiaste. Ce décalage mérite mieux qu’un verdict expéditif. Un succès de consultation n’est pas un certificat de qualité, mais de mauvaises critiques ne suffisent pas davantage à expliquer ce qui attire les spectateurs. Voici ce que cette rencontre entre braquage et affaire de famille a pour elle, et ce qui semble la limiter.
- Deux jours après sa sortie, le film était numéro 1 sur Prime Video en France et deuxième mondial selon FlixPatrol.
- Stanley Tucci incarne un voleur qui recrute deux spécialistes pour dérober La Joconde, sur fond d’histoire familiale.
- Les critiques dénoncent un scénario prévisible, tandis que les premières notes atteignent 5,4/10 sur IMDb et 2,1/5 sur AlloCiné.
Masterplan avec Stanley Tucci : un film de braquage déjà numéro 1 sur Prime Video en France
Deux jours après sa sortie, Masterplan était numéro 1 sur Prime Video en France. Selon FlixPatrol, il occupait également la deuxième place mondiale des films de la plateforme et dominait les classements dans 18 pays, dont la Suède et la Nouvelle-Zélande. Aux États-Unis, son démarrage était plus discret, à la huitième place. Ces positions mesurent sa présence dans les classements, pas la satisfaction des personnes qui l’ont lancé.
Son argument, lui, se comprend sans mode d’emploi : Roger Cavendish, voleur chevronné incarné par Stanley Tucci, recrute une spécialiste de la cybercriminalité, jouée par Simona Tabasco, et un expert en explosifs, interprété par Victor Belmondo, pour dérober La Joconde. À la mécanique du casse s’ajoute une histoire familiale. La cible apporte aussi un ancrage français à cette production franco-italienne tournée en anglais, coproduite par Gaumont et Amazon MGM Studios.
Le tableau possède déjà sa propre histoire de braquage : Vincenzo Peruggia, ancien ouvrier du Louvre, l’avait réellement emporté hors du musée, dissimulé sous son vêtement. Sa disparition pendant plus de deux ans avait contribué à amplifier sa célébrité internationale.
Des clichés et un scénario prévisible : les critiques n’ont pas freiné son succès
Le rapprochement avec Ocean’s Eleven vient naturellement : une équipe aux compétences complémentaires, une cible prestigieuse et la promesse d’un plan savamment orchestré. Mais ces codes deviennent une faiblesse lorsque le spectateur reconnaît davantage la recette qu’il ne découvre une proposition singulière. C’est précisément le terrain des reproches adressés à Masterplan : clichés et prévisibilité du scénario. Simon Gallagher, de ScreenRant, parle ainsi d’un projet « brillant mais creux ».
Le parcours de Thomas Vincent, réalisateur passé par Reacher, Bodyguard et Versailles, ne garantit donc pas à lui seul une écriture surprenante. Il cosigne pourtant le scénario avec David Wolstencroft, récompensé par un BAFTA pour Spooks. Sur le papier, l’enjeu le plus intéressant est moins le vol que la confiance entre les personnages : sans cette tension humaine, l’ingéniosité du dispositif risque de tourner à l’exercice. Les premières notes spectateurs invitent aussi à relativiser l’enthousiasme supposé : 5,4 sur 10 sur IMDb, d’après la fiche Prime Video, et 2,1 sur 5 sur AlloCiné, pour seulement 58 notes. Ce dernier échantillon demeure trop restreint pour représenter tout le public.
Masterplan a donc gagné la bataille de la visibilité, pas celle du consensus. Son intrigue accessible peut séduire les amateurs de casses classiques. Pour qui attend surtout une écriture inventive, les réserves exprimées constituent toutefois un avertissement à prendre au sérieux.



