À bord d’une voiture, côté passager, deux repères espacés d’un kilomètre suffisent pour donner un autre rôle à votre chronographe. Sur sa lunette ou au bord du cadran, cette suite de chiffres décroissants n’est pas un simple clin d’œil aux circuits automobiles. C’est un instrument de calcul, sans batterie supplémentaire ni application. Son nom : l’échelle tachymétrique. Et son usage est nettement plus simple que son allure ne le laisse penser.
- L’échelle tachymétrique convertit un temps en vitesse moyenne : un kilomètre parcouru en 30 secondes correspond à 120 km/h.
- Sur un kilomètre précisément repéré, déclenchez puis arrêtez le chronographe et lisez la graduation indiquée par son aiguille des secondes.
- Une échelle classique ne permet généralement pas de lecture directe au-delà de 60 secondes ; sur route, seul le passager doit manipuler le chronographe.
L’échelle tachymétrique, ce détail qui permet de lire une vitesse moyenne
L’échelle tachymétrique convertit une durée en cadence horaire et, lorsque la distance parcourue est connue, permet d’en déduire une vitesse moyenne. Son principe tient en une opération : diviser 3 600, le nombre de secondes d’une heure, par le temps mesuré en secondes. Pour un kilomètre parcouru en 30 secondes, le résultat est donc de 120 km/h. La graduation vous épargne ce calcul : le nombre 120 se trouve en face de la position atteinte par l’aiguille du chronographe après une demi-minute.
Voilà pourquoi les valeurs diminuent à mesure que l’aiguille avance : plus le trajet prend de temps, plus la vitesse baisse. Présente notamment sur des chronographes comme l’Omega Speedmaster ou la Rolex Cosmograph Daytona, cette échelle donne un sens concret à leur esthétique sportive. Derrière le décor de paddock, il y a bien un outil.
Sur un kilomètre, comment chronométrer le trajet et lire la vitesse
Choisissez un parcours dont les deux extrémités sont distantes d’exactement un kilomètre, puis vérifiez que le chronographe est arrêté et remis à zéro. Au passage du premier repère, déclenchez-le ; au second, arrêtez-le. Sur cette distance d’un kilomètre, il suffit alors de lire la vitesse indiquée par l’aiguille des secondes du chronographe sur l’échelle tachymétrique. Attention à ne pas la confondre avec la petite seconde qui indique la marche courante de la montre.
Si le trajet a duré 40 secondes, l’aiguille pointe vers 90 : votre moyenne est de 90 km/h. À 45 secondes, elle indique 80 km/h. Aucun réglage de la lunette n’est nécessaire sur une échelle tachymétrique fixe. Et le mot « moyenne » compte : même si le véhicule accélère puis ralentit, la lecture porte sur l’ensemble du kilomètre, pas sur sa vitesse au moment de l’arrêt du chronographe.
Les limites du tachymètre et les précautions pour une mesure fiable
Une échelle classique se lit généralement sur le premier tour de l’aiguille, jusqu’à 60 secondes, avec une plage qui dépend du modèle. Sur un kilomètre, une durée supérieure à une minute correspond à une vitesse inférieure à 60 km/h : la lecture directe n’est alors plus possible avec une graduation classique limitée à ce tour. Il faut aussi respecter la distance de référence.
Sur 500 mètres, par exemple, la valeur lue doit être divisée par deux pour obtenir des km/h. La fiabilité de la mesure dépend ensuite de la précision des repères et du déclenchement des poussoirs : quelques dixièmes de seconde pèsent davantage lorsque le trajet est bref. Inutile, donc, d’y chercher la rigueur d’un équipement de chronométrage professionnel. Sur route, cette manipulation revient au passager, jamais au conducteur, et ne justifie évidemment aucun écart aux limitations.
Le charme du tachymètre tient à cette économie de moyens : une aiguille, une graduation et une distance connue suffisent à transformer du temps en vitesse. La prochaine fois que vous regarderez votre chronographe, ces petits chiffres auront peut-être moins l’air d’un décor. Vous saurez désormais les faire parler.

