Il vend des montres depuis 30 ans : quand il a vu la facture des taxes, il a attaqué la Maison-Blanche

Payer plus de 160 000 dollars de taxes pour importer des montres suisses : voilà ce qui a poussé un détaillant américain à traîner l’administration Trump devant les tribunaux. En cause, une nouvelle vague de droits de douane qui frappe de plein fouet les importations horlogères, au grand dam des passionnés comme des professionnels.

L’affaire, digne d’un scénario hollywoodien, oppose une petite boutique californienne à la première puissance mondiale. Et elle pourrait bien redéfinir les règles du jeu pour tout le commerce horloger outre-Atlantique.

Par Lilian B.

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Trente ans de passion horlogère balayés par une ligne sur une facture

Derrière cette bataille juridique se trouve Collective Horology, un détaillant haut de gamme installé à Ventura, en Californie, spécialisé dans l'importation de montres suisses. Son cofondateur, Asher Rapkin, a vu les précédents régimes de taxes douanières coûter à son entreprise plus de 160 000 dollars. Pire encore : ces premiers tarifs, instaurés sous une loi qui ne mentionnait même pas les droits de douane, ont été invalidés par la Cour suprême. Mais les remboursements se font attendre, et Rapkin affirme que le gouvernement lui doit toujours 164 000 dollars. Pour un commerce indépendant, une telle somme ne relève pas du détail comptable : c'est une question de survie.

David contre Goliath : le procès qui pourrait faire trembler la politique douanière américaine

Épaulé par une entreprise d'épices et représenté par le Liberty Justice Center, le détaillant conteste désormais les nouveaux tarifs imposés sous la Section 301 du Trade Act de 1974. Ces prélèvements de 10 % ou 12,5 % touchent les importations de plus de 60 économies, accusées par Washington de ne pas bloquer les biens issus du travail forcé. La plainte avance un argument de poids : les enquêtes officielles n'auraient été qu'une façade, les taux ayant été fixés d'abord, les justifications assemblées ensuite.

Surtout, elle soutient que cette loi n'autorise pas le président à taxer la quasi-totalité des importations mondiales. Une partie de l'équipe juridique avait déjà fait tomber les tarifs précédents devant la Cour suprême, même si cette nouvelle manche s'annonce nettement plus incertaine.

Ce qu'il faut retenir d'un bras de fer entre un horloger et la Maison-Blanche

Au-delà du cas particulier, cette affaire illustre le rôle inattendu des petites entreprises dans la limitation du pouvoir tarifaire présidentiel. À chaque nouveau fondement juridique invoqué par l'administration, ce sont elles qui repartent au front, forçant le gouvernement à défendre sa politique devant les juges. Rapkin le résume sans détour : ces taxes ont empêché de dormir de nombreux entrepreneurs américains pendant plus d'un an, et il estime raisonnable de dire non et de résister. Pour les amateurs de belles mécaniques, l'enjeu est aussi très concret : chaque hausse douanière finit tôt ou tard sur l'étiquette des garde-temps helvétiques.

Ce duel entre une boutique californienne et la Maison-Blanche dépasse largement le cadre de l'horlogerie : il interroge la frontière entre pouvoir exécutif et règles commerciales. Si la justice donne à nouveau raison aux petits importateurs, c'est toute l'architecture douanière américaine qui devra être repensée. Et si le sort des montres suisses aux États-Unis se jouait finalement dans un prétoire plutôt que dans un atelier ?

Horlogerie, mode, voyage, gastronomie... Ces thématiques, je pourrais en parler des heures. Enfin presque. En tout cas, j'aime traiter ces sujets et partager avec vous mes bons plans, conseils, dernières trouvailles et coups de coeur !

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