La nouvelle montre Pequignet met en avant une évolution majeure de la marque plutôt qu’une simple nouveauté
Lors du récent salon Watches & Wonders, le grand rendez-vous de l’horlogerie à Genève, les regards avertis n’ont pas manqué de se poser sur la nouvelle pépite dévoilée par Pequignet. La manufacture établie en Franche-Comté a effectivement dévoilé la Royale Paris Chrono, une montre qui marque l’arrivée de son tout premier chronographe.
Cette avancée technique illustre avec clarté le chemin parcouru par cette maison française, offrant aujourd’hui une belle harmonie entre maitrise historique et conception contemporaine pour les amateurs de belles mécaniques authentiques.
Le cœur de ce garde-temps témoigne de la maturité atteinte par l'entreprise comtoise. Dans le domaine horloger, concevoir son propre mouvement distingue souvent les marques d'assemblage des véritables manufactures créatrices.
Pour accompagner ce nouveau modèle, Pequignet lance le Calibre Initial Chronographe, qui constitue très exactement le cinquième mouvement exclusif de la marque. Afin de réaliser cette prouesse avec pragmatisme, la maison s'est appuyée sur une base qu'elle maitrisait déjà, complétée ensuite par un module développé en partenariat avec une grande griffe suisse réputée pour ses complications. Cette collaboration stratégique met en lumière l'intelligence des synergies possibles au sein du bassin horloger jurassien.
Sur le plan purement technique, le choix s'est porté sur une architecture à cames pour animer la fonction de chronométrage. Bien que parfois perçue différemment de la roue à colonnes, cette option garantit un déclenchement très franc des différents poussoirs, tout en offrant une meilleure résistance globale face aux chocs du quotidien. La précision est consolidée par un soin particulier appliqué au réglage du calibre sur six positions distinctes. Autre point rassurant pour ceux qui privilégient les circuits courts, la totalité des composants du mouvement provient d'un rayon de moins de quatre-vingts kilomètres autour de Morteau.
Côté finitions, on découvre un aspect moderne et urbain jouant sur la matité, les perlages et les satinés, tandis qu'une délicate fleur de lys apparait sur la masse oscillante ajourée pour rappeler l'ancrage français du projet.
Un héritage historique magnifié par un dessin équilibré
En s'attaquant avec sérieux à cette fonction complexe qu'est le chronographe (une invention née en France, fruit du travail de Nicolas Mathieu Rieussec !), la manufacture s'inscrit sereinement dans une continuité temporelle précieuse. L'approche esthétique de ce modèle demeure d'ailleurs très fidèle à l'identité visuelle de la collection Initial, notamment grâce à la préservation de ses cornes rapportées distinctives. La conception du boitier permet au profil de se structurer subtilement autour d'une échancrure concave qui s'aligne de manière très fluide avec la courbure générale et la ligne des poussoirs.
Afin de s'adapter facilement à tous les poignets, la montre affiche des proportions maitrisées, combinant un diamètre de 39,5 millimètres et une épaisseur contenue de 12,7 millimètres. Sous la lumière, le cadran révèle un fort grain aux accents minéraux, joliment encadré par une double gouge dont le second niveau permet de lire l'échelle tachymétrique. L'inspiration du traditionnel cadran bicolore a dicté l'ajout de compteurs contrastés azurés de couleur rouge ou bleue, réunissant la petite seconde et le totalisateur de trente minutes dans un ensemble particulièrement lisible.
Si son tarif débute à 6450 euros, l'acquisition de ce garde-temps récompense une progression très méthodique de la manufacture, qui parvient à lier le dessin, la provenance locale et une vraie compétence technique.
Automobiles ou horlogères, j'aime les belles mécaniques et tout ce qui s'y rapporte. Les voitures et les montres, c'est mon quotidien pour le Journal des Seniors !