BMW renouvelle la Série 3 avec des moteurs essence, dont un six-cylindres de 443 ch, et deux versions électriques baptisées i3. Le choix reste ouvert au catalogue. En France, les malus et les offres de location donnent toutefois des arguments solides à l’électrique, qui annonce jusqu’à 912 km d’autonomie WLTP.
Nouvelle Série 3 : BMW conserve l’essence, mais Munich confirme son ambition électrique

La nouvelle BMW Série 3 ne tourne pas le dos à l’essence. Sa huitième génération comprend une 320 de 211 ch et une M350 xDrive à six cylindres, toutes deux dotées d’une hybridation légère. À leurs côtés, les i3 40 xDrive et 50 xDrive installent la motorisation électrique dans cette nouvelle famille de berlines. Un hybride rechargeable doit compléter l’offre en 2027.
Cette coexistence permet à BMW de répondre à des marchés et à des usages différents. Pour un acheteur français, elle ne signifie pourtant pas que toutes les versions partent avec les mêmes chances. Entre le prix catalogue et la somme réellement nécessaire pour prendre la route, la fiscalité peut modifier sensiblement la comparaison. Les offres de location montrent, elles aussi, combien l’i3 se rapproche désormais de sa sœur essence.
Le malus français réduit l’avantage du prix essence
Sur le tarif, la BMW 320 conserve la position la plus accessible : 55 450 euros, contre 59 900 euros pour l’i3 40 xDrive. L’écart atteint donc 4 450 euros avant les taxes d’immatriculation.
La 320 annonce toutefois des émissions comprises entre 148 et 155 g de CO₂/km selon la configuration. Avec le barème applicable à une première immatriculation en 2026, cela correspond à 3 784 à 5 715 euros de malus CO₂, hors réductions ou exonérations particulières. Ce seul prélèvement absorbe déjà une grande partie de l’écart avec l’électrique, qui en est exonérée.
Il faut encore ajouter le malus au poids. À titre indicatif, en retenant les 1 755 kg de masse européenne publiés pour la 320 et l’abattement de 100 kg applicable aux microhybrides en 2026, cette taxe atteindrait 1 560 euros. Avec le prix de base et les émissions minimales annoncées, la facture arriverait ainsi à 60 794 euros avant les autres frais d’immatriculation, contre 59 900 euros au catalogue pour l’i3 40 xDrive. Les électriques restent exonérées du malus au poids dans les dispositions actuellement en vigueur.
Ce calcul donne un ordre de grandeur : les données BMW sont encore provisoires et le montant définitif dépendra de la configuration homologuée. La date compte également. Pour une voiture neuve, le barème applicable est celui de sa première immatriculation, pas celui de la signature du bon de commande. Une livraison en 2027 imposera donc de refaire le calcul avec des barèmes qui, a n'en pas douter, seront encore durcis.
Pour la M350 xDrive, l’écart devient beaucoup plus marqué. Aux 78 250 euros du catalogue s’ajouteraient, selon ses émissions annoncées de 171 à 175 g/km, 24 291 à 32 935 euros de malus CO₂ au barème 2026. Le six-cylindres dépasserait ainsi les 102 000 euros avant même le malus au poids. Son maintien au catalogue préserve un choix mécanique qui a fait la réputation de la marque. En France, ce choix devient particulièrement coûteux.
À 690 euros par mois, l’i3 avance ses arguments
Les offres de lancement rapprochent encore les deux motorisations. BMW annonce la même mensualité de 690 euros sans apport pour une 320 M Sport et une i3 40 xDrive M Sport. L’électrique coûte pourtant 4 450 euros de plus au catalogue dans cette finition, avec 374 ch et une transmission intégrale, contre 211 ch et deux roues arrière motrices pour l’essence.
Les contrats ne sont cependant pas identiques.
| Offre annoncée par BMW France | BMW 320 M Sport | BMW i3 40 xDrive M Sport |
|---|---|---|
| Mensualité sans apport | 690 € | 690 € |
| Durée de location | 39 mois | 48 mois |
| Kilométrage total | 30 000 km | 40 000 km |
| Équivalent annuel | Environ 9 230 km | 10 000 km |
| Extension de garantie | Incluse | Incluse |
| Entretien | Inclus, hors pièces d’usure | Non mentionné comme inclus |
Pour la même dépense mensuelle affichée, l’i3 donne donc accès à une voiture plus puissante, plus chère à l’achat et à un forfait kilométrique annuel légèrement supérieur. C’est un argument commercial tangible en faveur de l’électrique.
Les 10 000 km supplémentaires ne sont toutefois pas offerts sur une durée équivalente : le contrat court neuf mois de plus, soit neuf mensualités supplémentaires. L’offre essence conserve aussi l’avantage de l’entretien inclus. Il faudrait deux devis établis sur la même durée, avec le même kilométrage et les mêmes services, pour déterminer laquelle revient réellement le moins cher.
Ces offres concernent les commandes passées avant le 31 octobre 2026, sous conditions, dans les concessions participantes. Une assurance perte financière doit être souscrite. Le rapprochement des loyers n’efface donc pas la nécessité de lire le contrat, mais il rend le passage à l’i3 plus facile à envisager pour celui qui raisonne d’abord en budget mensuel.
Deux batteries pour les longs trajets, un six-cylindres pour les amateurs
L’offre électrique commence avec l’i3 40 xDrive. Ses deux moteurs développent 374 ch et 520 Nm, alimentés par une batterie de 82,8 kWh utiles. BMW annonce entre 631 et 710 km d’autonomie WLTP selon la configuration, avec un 0 à 100 km/h en 5,4 secondes.
La 50 xDrive passe à 469 ch et 645 Nm. Sa batterie atteint 108,7 kWh utiles et son autonomie annoncée s’étend de 814 à 912 km. Le 0 à 100 km/h descend à 4,7 secondes. Son prix de départ, fixé à 65 400 euros, représente un supplément de 5 500 euros par rapport à la 40 xDrive.
L’intérêt de la grande batterie se mesure aussi lors des arrêts. L’architecture 800 V permet une puissance de recharge maximale de 300 kW sur la 40 xDrive et de 400 kW sur la 50 xDrive. BMW annonce néanmoins 21 minutes de 10 à 80 % pour les deux versions, la seconde récupérant davantage d’énergie pendant cette durée. En dix minutes, les gains annoncés atteignent respectivement 337 et 423 km d’autonomie sur une base WLTP.
Ces valeurs nécessitent une borne adaptée et des conditions favorables, notamment pour la température de la batterie. Les autonomies WLTP ne décrivent pas non plus un trajet autoroutier à vitesse constante. Pour celui qui peut recharger à domicile, ces grandes capacités laissent envisager des branchements espacés dans un usage quotidien. Pour celui qui dépend des bornes publiques, leur accessibilité et leur tarif restent des éléments importants du choix.
L’essence conserve des caractéristiques distinctes. La 320 associe un quatre-cylindres de 2 litres à une boîte automatique à huit rapports et annonce une consommation mixte de 6,5 à 6,8 l/100 km. La M350 xDrive reçoit un six-cylindres de 3 litres, une transmission intégrale et une suspension adaptative M de série.
Avec 443 ch et un 0 à 100 km/h annoncé en 4,1 secondes, cette dernière devance même l’i3 50 xDrive sur le départ arrêté. Elle pèse aussi 345 kg de moins. Une fonction Drift Moment, permettant de transmettre toute la puissance aux roues arrière, doit arriver en 2027 par mise à jour. BMW conserve ainsi une proposition destinée aux amateurs de six-cylindres, même si la fiscalité française risque d’en limiter la diffusion.
Un nouvel habitacle commun, deux usines pour la suite
Les différences mécaniques se cachent sous un dessin très proche. Les nouvelles Série 3 et i3 mesurent environ 4,76 m de long et adoptent la face avant de la Neue Klasse, avec une calandre et des projecteurs réunis dans un ensemble horizontal. L’i3 est légèrement plus large et plus haute, avec un empattement supérieur de 37 mm à celui de la thermique.
Pour les bagages, la Série 3 essence conserve un coffre de 450 litres. L’i3 propose 420 litres à l’arrière et un rangement de 31 litres sous le capot, notamment pour les câbles de recharge. Toutes disposent d’une banquette rabattable en trois parties.
L’habitacle change plus franchement. Le BMW Panoramic Vision, déjà présent sur le BMW iX3, projette les informations à la base du pare-brise et remplace l’instrumentation derrière le volant. Un écran tactile central de 17,9 pouces complète le dispositif, avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil. L’affichage tête haute 3D reste optionnel, tandis que plusieurs commandes physiques subsistent sur la console.
Les aides à la conduite restent de niveau 2, sous la surveillance du conducteur. BMW prévoit notamment une assistance autoroutière permettant de retirer les mains du volant jusqu’à 130 km/h lorsque les conditions du système sont réunies. Son déploiement doit couvrir 21 pays, dont la France, d’ici fin 2026.
L’organisation industrielle donne enfin une traduction concrète à cette nouvelle gamme. L’i3 est produite à Munich depuis août 2026. Les nouvelles Série 3 thermiques doivent entrer en fabrication à Dingolfing en novembre. À partir de 2027, l’usine historique de Munich sera entièrement consacrée aux véhicules électriques.
BMW maintient donc l’essence, tout en consacrant son site historique à l’électrique. En France, le poids des malus et le rapprochement des mensualités semblent donner à l’i3 les perspectives commerciales les plus favorables de cette nouvelle famille.










