Avec Matchbox, Apple TV prouve que tous les jouets ne méritent pas de devenir des films

Axelb
Par Axel B.

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Fallait-il vraiment transformer une boîte de petites voitures en blockbuster d'action ? Apple TV semble avoir répondu oui, sans trop se poser de questions. Matchbox, le film de Sam Hargrave avec John Cena et Jessica Biel, est disponible mondialement sur la plateforme depuis ce 9 octobre.

Inspiré des célèbres miniatures Mattel, il s'inscrit dans la lignée de Barbie, autre adaptation du géant du jouet, mais sans en avoir ni l'esprit ni le succès critique. Car à peine arrivé sur les écrans, le film reçoit déjà une volée de bois vert de la part de la presse spécialisée.

À retenir
  • Matchbox, réalisé par Sam Hargrave avec John Cena et Jessica Biel, est disponible sur Apple TV depuis le 9 octobre, inspiré des miniatures Mattel.
  • Le film raconte comment d'anciens amis d'enfance se retrouvent mêlés à une histoire d'ogive nucléaire volée après que l'un d'eux soit devenu agent secret.
  • L'accueil critique est très négatif, avec 25 % sur Rotten Tomatoes, le film étant notamment comparé défavorablement à la saga Fast & Furious.

Un film tiré d'une boîte de jouets : de quoi parle Matchbox

Sur le papier, le pitch a quelque chose d'attachant, presque nostalgique. Dans les années 1990, une bande de copains partage une passion commune pour les voitures miniatures Matchbox, formant ce qu'ils appellent le Matchbox Gang. Des décennies plus tard, la petite troupe se retrouve adulte lors d'un enterrement, et c'est là que les choses dérapent. L'un d'eux, Sean, interprété par John Cena, est devenu agent secret, et ses anciens camarades se retrouvent malgré eux embarqués dans une histoire d'ogive nucléaire volée.

Jessica Biel incarne Aimee, devenue pilote de course, tandis que Sam Richardson, Arturo Castro et Teyonah Parris complètent une distribution sympathique sur le papier. Réalisé par Sam Hargrave, déjà aux manettes des deux Extraction, le film affiche 126 minutes au compteur et une classification PG-13 outre-Atlantique. Problème : derrière cette intrigue d'espionnage, la marque Matchbox elle-même semble presque accessoire, réduite à quelques clins d'œil nostalgiques plutôt qu'à une véritable colonne vertébrale narrative.

Un accueil critique sans appel, symptôme d'un cinéma formaté

Et c'est bien là que le bât blesse. À la levée de l'embargo critique, un jeudi à midi heure du Pacifique, le score Rotten Tomatoes plafonnait à 20 % sur une dizaine de critiques. Il est depuis remonté, mais reste famélique avec 25 % sur vingt avis recensés. De quoi placer Matchbox dans une zone de turbulence inconfortable, puisque la comparaison la plus fréquente chez les critiques reste celle avec la saga Fast & Furious, pourtant pas franchement réputée pour sa finesse scénaristique. Variety va jusqu'à décrire le film comme un simple bouche-trou entre deux épisodes de la franchise automobile, et pas forcément les meilleurs. Un comble, quand on sait que même le très décrié Fast & Furious 4, sorti en 2009, "culmine" à 29 % sur Rotten Tomatoes, soit mieux que Matchbox.

Collider résume d'ailleurs l'ensemble avec une formule qui fait mouche : beaucoup d'action, mais peu de raisons d'exister. On sent ici les symptômes d'un cinéma de plateforme un peu trop formaté, calibré pour cocher des cases plutôt que pour raconter une histoire qui ait du sens.

Reste que Matchbox n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans une stratégie plus large de Mattel, qui multiplie les adaptations de son catalogue depuis le triomphe de Barbie, avec notamment un Masters of the Universe prévu la même année chez Amazon MGM. Mais toutes les licences ne se valent pas, et toutes les boîtes de jouets ne contiennent pas forcément un film. Matchbox en est aujourd'hui la preuve la plus flagrante : une mécanique bien huilée côté production, mais qui tourne à vide dès qu'il s'agit de raconter quelque chose qui ressemble, même de loin, à une histoire qu'on a envie de suivre.

Axelb

Passionné de pop culture sous toutes ses formes, Axel ne rate jamais une série qui fait parler, un film à revoir dix fois ou une référence geek à glisser dans la conversation. Mais pas question pour ce jeune quadra de vivre collé à un écran : dès que l’occasion se présente, il enfourche son vélo, prend le large ou part en road trip, toujours curieux de découvrir ce qui l’attend au prochain virage.

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