« Elle pensait que l’accord des parents suffisait pour emmener son petit-fils en Espagne pendant les vacances » : pourquoi il fallait aussi une photocopie que personne n’avait glissée dans la valise

Emmener un mineur à l’étranger sans ses parents nécessite bien plus qu’un accord verbal : l’Autorisation de Sortie du Territoire (AST) est obligatoire, y compris en Europe. Ce formulaire simple à remplir s’oublie facilement, mais son absence peut bloquer l’embarquement à l’aéroport.

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Par L'équipe JDS

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Un oui des parents au téléphone ne suffit pas pour emmener une nièce de 13 ans à Lisbonne. Il faut aussi l'autorisation de sortie du territoire, l'AST, une feuille à imprimer et à faire signer par un parent. Les vacances de la Toussaint commencent le 17 octobre : c'est maintenant que ces voyages en famille se préparent, et que ce papier s'oublie.

À retenir
  • L'AST est obligatoire pour tout mineur voyageant sans parent ni tuteur, même au sein de l'Union européenne.
  • Trois éléments composent le dossier : la pièce d'identité valide de l'enfant, le formulaire Cerfa signé et la photocopie de la pièce d'identité du parent.
  • Le parent choisit une validité jusqu'à un an maximum, aucune démarche administrative n'est nécessaire.

Au comptoir, l'agent n'a pas à vous croire sur parole

La bonne foi ne se présente pas à l'embarquement.

La scène peut se jouer en quelques répliques. Une tante, une adolescente de 13 ans, deux pièces d'identité posées sur le comptoir. L'agent de la compagnie constate que rien ne prouve le lien avec les parents de l'enfant et réclame le formulaire signé. La tante répond que la mère est d'accord, qu'elle l'a confirmé la veille, et qu'elle ne pensait pas qu'un papier serait nécessaire pour un vol à l'intérieur de l'Union européenne.

Or une promesse orale n'a aucune valeur de document. Seul compte le formulaire signé, accompagné de la photocopie de la pièce d'identité du parent qui l'a rempli.

Ce que dit la règle, y compris pour l'Europe

Selon la fiche de Service-public mise à jour le 20 mars 2026, l'AST est obligatoire pour tout mineur qui voyage à l'étranger sans parent ni tuteur. La précision « y compris dans l'Union européenne » balaie une idée reçue tenace : l'absence de contrôle systématique aux frontières ne dispense pas de papier. Le Portugal, comme l'Espagne, est donc concerné.

Le lien de famille n'y change rien. Un oncle ou une tante, même muni de l'accord oral des parents, ne peut pas partir avec l'enfant sans la feuille.

Le dispositif n'a rien de nouveau. Il est entré en vigueur le 15 janvier 2017, après une loi du 3 juin 2016 pensée pour lutter contre le terrorisme et protéger les mineurs tentés par un départ vers des zones de conflit. Les services de l'État précisent que l'AST est demandée aux points de sortie du territoire français. Et cela vaut pour tous les mineurs qui résident habituellement en France, quelle que soit leur nationalité.

Trois pièces à glisser dans la pochette

Le dossier tient en trois éléments : la pièce d'identité valide de l'enfant, le formulaire d'autorisation (le Cerfa n° 15646*01) complété et signé, et la photocopie de la pièce d'identité du parent signataire. Le formulaire se télécharge sur le site de Service-public. Aucun tampon n'est attendu.

La photocopie reste d'ordinaire sur l'imprimante, pendant que tout le reste est dans la valise.

Un seul parent suffit, à condition d'être titulaire de l'autorité parentale. Inutile de courir après les deux signatures. Aucune démarche n'est à faire en mairie, en préfecture ou au commissariat, ce qui rend l'oubli d'autant moins excusable.

Reste un détail que l'on vérifie trop tard : la validité de la pièce d'identité de l'enfant. Un adolescent de 13 ans a souvent une carte d'identité établie quelques années plus tôt, et c'est précisément celle-là que l'agent examinera.

Durée de validité et calendrier

C'est le parent qui fixe la durée de l'autorisation, dans la limite de un an au maximum. Pour un séjour de Toussaint, il suffit d'indiquer une période qui couvre les vacances. Une validité plus longue pourrait servir à un second voyage dans l'année, mais cela reste au parent d'en décider. Notez que l'autorisation est propre à l'enfant : elle ne se transfère pas à un cousin qui partirait avec vous.

Aucun délai administratif ne s'applique, puisque rien ne passe par une administration. La seule contrainte est celle du parent : l'imprimante, le stylo, le photocopieur, ou le courrier s'il habite loin.

Les services de l'État décrivent un formulaire remis à l'enfant, complété et signé. Mieux vaut donc une feuille papier dans le sac de l'adolescente, et un double dans le vôtre.

Ce que les contrôles montrent, et ce qu'ils ne disent pas

Le contrôle effectif varie selon la compagnie et selon la police aux frontières, notamment sur un vol à l'intérieur de l'espace Schengen. Certains voyageurs se voient demander le papier, d'autres embarquent sans que personne ne pose la question. Aucune règle ne permet de deviner dans quel cas on tombera.

Un contrôle absent n'abolit pas l'obligation.

Une compagnie qui demande l'AST au comptoir applique la règle, rien de plus. À l'inverse, celle qui n'en parle pas n'a pas rendu le formulaire facultatif, et vous restez responsable de ce que vous portez dans votre pochette.

La solution tient sur une feuille

Le plus simple est que le parent imprime le formulaire, le remplisse et le signe avant le départ. Il joint la photocopie de sa propre pièce d'identité, puis vous remet le tout, sous pochette, bien avant le 17 octobre. Trois gestes de sa part, un seul de la vôtre : vérifier que la feuille est dans le sac.

Avant de partir, relisez quatre points : la date de validité de la pièce de l'enfant, la lisibilité de la photocopie, la correspondance entre le signataire et la pièce jointe, et la période indiquée sur le formulaire. Rangez le tout avec les billets, et gardez une photo des documents sur votre téléphone, en complément du papier.

Le même formulaire, rempli par la même main, servira pour la prochaine escapade avec un neveu ou un petit-fils, tant que sa durée de validité n'est pas écoulée.

Si l'enfant voyage avec l'un de ses parents, ou avec une personne titulaire de l'autorité parentale, l'AST n'est pas exigée : la règle ne vise que les trajets sans eux.

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