À partir de 2026, les caisses de retraite évaluent les besoins à domicile de tous les retraités qui en font la demande, sans présélection selon le profil. Cette « évaluation pour tous » vise à mieux orienter vers les aides existantes et à lutter contre le non-recours aux droits.
J’ai demandé 1 aide pour rester chez moi : la caisse va désormais évaluer mes besoins même si elle ne me juge pas fragile

Jusqu'à cette année, un retraité qui appelait sa caisse pour un coup de main à domicile ne déclenchait pas automatiquement une visite d'évaluation. Ce rendez-vous restait principalement réservé aux retraités dont la situation sociale rendait a priori éligible à un plan d'aides OSCAR (personnes seules, de plus de 80 ans, disposant de faibles ressources…)
Ce filtre d'âge et de revenus est en train de sauter.
Après un déploiement engagé depuis début 2026 dans l'ensemble des régions, d'ici la fin de l'année 2027, « l'évaluation pour tous » sera proposée à tout retraité sollicitant une demande d'aide à l'autonomie indépendamment de son niveau de fragilité présumé. L'objectif affiché est simple : ne plus présélectionner les dossiers en fonction d'un profil type avant même d'avoir rencontré la personne. Ce chantier s'inscrit dans le Service public départemental de l'autonomie, créé par la loi du 8 avril 2024, qui vise à rendre les parcours des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et de leurs aidants plus lisibles, plus simples et mieux coordonnés.
- Les caisses de retraite proposent une évaluation à domicile à tout retraité demandant une aide, sans filtre d'âge ou de revenus préalable.
- L'évaluateur analyse le degré d'autonomie, l'environnement familial et social pour construire un plan d'aide personnalisé.
- L'évaluation oriente vers les aides disponibles mais ne garantit pas automatiquement une aide financière : tout dépend des ressources et du GIR.
Un calendrier qui s'étale jusqu'en 2028
Concrètement, le dispositif est déployé depuis le 1er janvier dans des territoires sélectionnés au sein de chaque région, avant une généralisation progressive. Il s'adresse à tous les retraités du régime général formulant une demande d'aide à l'autonomie au domicile, et vise à faciliter l'accès aux aides légales et aux solutions existantes.
Le déploiement de « l'évaluation pour tous » a vocation à s'intensifier sur les années 2027 et 2028 pour couvrir l'ensemble du territoire et répondre aux besoins d'accompagnement croissants liés au vieillissement de la population. Renaud Villard, directeur général de la CNAV, a présenté ce chantier parmi les sujets d'actualité majeurs de la branche retraite pour 2026. L'Assurance retraite y voit une nouvelle offre de services par laquelle elle contribue directement au Service public départemental de l'autonomie. Reste à savoir ce que cette visite à domicile change concrètement pour la personne évaluée.
Ce que l'évaluateur regarde vraiment
La visite se déroule toujours chez vous, jamais au guichet.
Réalisée à domicile, cette évaluation permet de mieux comprendre la situation globale de la personne, d'identifier ses besoins et de repérer d'éventuelles fragilités. Au-delà de l'étude des droits, elle constitue un véritable temps d'écoute et d'accompagnement. L'évaluation prend en compte les variables de dépendance de la grille Aggir. De plus, tous les éléments de l'environnement familial, social et géographique.
Une fois la demande reçue, le demandeur reçoit à domicile la visite d'un évaluateur, assistant social ou infirmier, chargé d'affiner le degré d'autonomie et de construire un plan d'aide personnalisé. Si des difficultés apparaissent au quotidien, les caisses de retraite peuvent proposer cette évaluation globale des besoins à domicile.
Une évaluation qui oriente, pas un chèque automatique
Cette démarche contribue directement aux objectifs du Service public départemental de l'autonomie en favorisant une orientation adaptée vers les aides, services et dispositifs existants. Elle contribue aussi au repérage précoce des situations de fragilité et à la mise en œuvre d'actions de prévention destinées à préserver l'autonomie des retraités. Elle participe enfin à la lutte contre le non-recours aux droits, en permettant de détecter des besoins qui n'auraient pas été exprimés spontanément. Mais recevoir la visite d'un évaluateur ne garantit ni une aide financière ni un service particulier : tout dépend ensuite des ressources, du niveau d'autonomie et des dispositifs réellement mobilisables sur le territoire.
Être reçu ne veut pas dire être aidé automatiquement.
Ce que l'évaluation peut débloquer
En fonction de l'évaluation, les caisses de retraite peuvent proposer aux retraités autonomes classés en GIR 5 et 6 des prestations utiles au quotidien : aides à la vie quotidienne, aides aux loisirs, aides aux transports, assistance sécurité. S'y ajoutent des aides pour améliorer la qualité de vie à domicile, comme une participation financière à l'achat ou à la pose d'aides techniques, ou des aides pour des travaux d'adaptation du logement. Pour les situations plus lourdes, classées de GIR 1 à 4, le dossier bascule vers le département et l'allocation personnalisée d'autonomie, hors du champ de la caisse de retraite.
Des fiches thématiques s'accompagnent d'un catalogue des aides et services existants, incluant notamment MaPrimeAdapt', MaPrimeRénov', ou les actions de prévention interrégime « Pour bien vieillir ». Elles favorisent le repérage des besoins, l'orientation vers les dispositifs adaptés et le maintien de l'autonomie des retraités dans une logique de prévention et d'accompagnement coordonné.
Les chiffres et les outils derrière la réforme
En 2025, plus de 335 000 retraités ont déjà bénéficié d'une évaluation globale des besoins à domicile. Une mobilisation est en cours pour la reconnaissance mutuelle des évaluations avec les départements, afin de fluidifier les parcours et de limiter les démarches redondantes. Un formulaire commun de demande d'aide à l'autonomie à domicile permet désormais de solliciter aussi bien les aides à l'autonomie que l'APA.
Un service en ligne national, développé et piloté par l'Assurance retraite, accompagne ce mouvement. Cet outil numérique vise justement à limiter la confusion que beaucoup de retraités connaissent encore entre le département et leur caisse de retraite.
Comment déclencher la démarche chez soi
Pour demander une aide auprès de sa caisse de retraite, il faut être retraité du régime général, de la Fonction publique d'État ou du régime agricole, et résider en maison, en appartement, au domicile d'un proche, en résidence autonomie ou en résidence services. Après réception du dossier complet de demande d'aides à l'autonomie, un professionnel de l'équipe médico-sociale prend contact pour organiser une visite au domicile. Pour cette mission, l'Assurance retraite conventionne des structures évaluatrices spécialisées chargées de réaliser ces visites.
Il arrive encore que les personnes ne sollicitent pas le bon organisme : elles s'adressent au conseil départemental et sont évaluées par l'équipe APA alors qu'elles relèvent en réalité de leur caisse de retraite, ou inversement. Cette confusion explique en partie pourquoi la reconnaissance mutuelle des évaluations entre départements et caisses de retraite n'a cessé de progresser depuis 2022, avec l'appui de la CNSA et de la MSA.
Dans le cadre d'un plan d'aides OSCAR, les besoins sont d'ailleurs réévalués trois à quatre mois avant la fin du plan pour déterminer la mise en place éventuelle d'un nouvel accompagnement. La visite initiale n'a donc rien d'un jugement figé : elle est amenée à être actualisée si la situation évolue. Pour amorcer concrètement la démarche, un seul geste suffit.
Contacter sa caisse d'assurance retraite régionale reste le point d'entrée le plus simple. Il suffit d'appeler le 39 60 pour joindre la caisse d'assurance retraite de sa région.
Sources : lassuranceretraite.fr | espace-social.com