Essai Volvo EX60 : j’ai rarement roulé dans un SUV aussi silencieux à ce prix

510 ch, un 0 à 100 km/h en 4,6 secondes et une architecture 800 V capable d’encaisser jusqu’à 370 kW : le Volvo EX60 possède suffisamment de chiffres pour attirer l’attention. Pourtant, après plus de 300 kilomètres à son volant entre Strasbourg et les cols vosgiens, ce n’est ni sa puissance ni même son autonomie qui m’ont le plus marqué. C’est son silence.

Avatar
Par Julien Thoraval

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Sur les pavés, presque rien ne remonte

Il aura fallu attendre la fin de journée et les rues pavées de Barr pour réellement prendre la mesure du travail réalisé. À faible allure, là où le poids d’un SUV de 2 350 kg et ses jantes de 21 pouces pourraient rapidement se rappeler aux occupants, l’EX60 ne transmet pratiquement rien. Ni vibrations désagréables, ni grondement de roulement venant perturber l’habitacle.

Le constat n’est d’ailleurs pas propre aux basses vitesses. Quelques heures plus tôt, sur l’A35 à 130 km/h, les bruits d’air étaient tout aussi discrets. Même chose sur les départementales vosgiennes, malgré des revêtements autrement plus irréguliers.

Après avoir vu défiler bon nombre de SUV électriques ces dernières années, je n’ai pas souvenir d’avoir roulé dans une voiture aussi silencieuse à ce niveau de prix. Les vitres feuilletées, de série sur la finition Ultra essayée, participent certainement au résultat, sans qu’il soit possible de leur attribuer seules cette qualité.

Un confort qui ne disparaît pas quand la route se resserre

Le silence serait moins impressionnant si le confort de suspension ne suivait pas. Or l’EX60 parvient également à préserver ses occupants lorsque la route devient plus exigeante.

Dans les lacets du Champ du Feu, les 2 350 kg finissent évidemment par apparaître. En appui, la caisse prend un peu de roulis, mais l’amortissement contient les mouvements sans transformer la voiture en planche. Même avec le réglage le plus ferme, l’EX60 conserve cette douceur qui semble avoir guidé sa mise au point.

Et lorsque les 510 ch de cette version P10 entrent en jeu, le contraste est assez frappant. La poussée est immédiate, mais jamais brutale. Le Volvo peut accélérer très fort sans donner l’impression de vouloir constamment le rappeler à ses occupants. Sa vocation reste celle d’un grand voyageur, pas d’un SUV sportif.

Il existe néanmoins une limite : les sièges, excellents sur les longs trajets, manquent de maintien latéral lorsque le rythme augmente franchement. Sur autoroute ou en conduite normale, cela ne pose aucun problème. Dans une succession de virages attaqués avec davantage d’enthousiasme, on aimerait être un peu mieux tenu.

Le vrai luxe de l’EX60 est peut-être là

Volvo n’a pourtant pas négligé le reste. L’habitacle est lumineux, soigneusement assemblé et la sellerie en laine mélangée de notre modèle renforce encore cette impression de confort. À cela s’ajoute un système Bowers & Wilkins de 1 820 W et 28 haut-parleurs sur la finition Ultra, avec notamment un haut-parleur intégré dans chaque appuie-tête.

Mais après vingt-quatre heures, ce sont moins ces équipements que l’impression générale qui demeure. L’EX60 sait isoler ses occupants sans donner l’impression de les couper complètement de la route. Le freinage régénératif automatique participe lui aussi à cette conduite apaisée : arrêt complet en ville lorsqu’il le faut, puis roue libre quand les conditions le permettent.

À partir de 66 500 €, et 80 685 € dans la configuration P10 Ultra essayée, l’EX60 n’a évidemment rien d’une voiture bon marché. Mais parmi toutes les performances annoncées par Volvo, celle qui m’a le plus convaincu ne figure probablement sur aucune fiche technique : la facilité avec laquelle les kilomètres disparaissent derrière son volant.

Avatar

Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

Aucun commentaire à «Essai Volvo EX60 : j’ai rarement roulé dans un SUV aussi silencieux à ce prix»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires