Une pancarte plantée devant une stèle peut annoncer une mauvaise nouvelle : la tombe familiale risque de disparaître. Cette découverte, faite au détour d'une allée de cimetière en se rendant fleurir une sépulture pour la Toussaint, surprend et inquiète. Pourtant, ce panneau n'est pas une sentence immédiate. Il s'agit d'un avertissement légal, prévu par le code général des collectivités territoriales, qui laisse encore du temps aux familles pour agir. Reste à comprendre ce que signifie exactement cette pancarte, quelles démarches entreprendre rapidement et ce qui se produit si personne ne se manifeste.
- Une pancarte sur une tombe signale l'expiration d'une concession funéraire et laisse un délai légal de deux ans pour la renouveler en mairie.
- Le renouvellement s'effectue au tarif en vigueur au jour de la demande, et non celui payé à l'origine, ce qui peut représenter une dépense bien plus élevée.
- Passé ce délai de deux ans sans démarche, la concession revient à la commune et les restes du défunt sont transférés dans l'ossuaire communal, sauf exceptions prévues par la loi.
Une pancarte qui signale la fin d'une concession funéraire
Ce panneau planté au pied de la tombe n'est pas un acte de malveillance ni une erreur administrative. C'est une obligation légale pour la commune avant toute reprise de concession. Lorsqu'une concession funéraire arrive à échéance, temporaire, trentenaire ou cinquantenaire, la mairie doit informer les ayants droit par tout moyen à sa disposition, et l'installation d'une pancarte sur la sépulture en fait partie. Ce message signifie que le contrat liant la famille à la commune pour cet emplacement a expiré. À partir de l'expiration de la concession, un délai légal maximal de deux ans s'ouvre pour permettre le renouvellement, conformément à l'article L. 2223-15 du code général des collectivités territoriales. Pendant toute cette période, la famille conserve un droit reconnu au renouvellement. Une fois ce délai écoulé sans démarche, l'emplacement fait automatiquement retour à la commune, et ce droit n'est plus acquis.
Comment renouveler sa concession en mairie avant qu'il ne soit trop tard
La marche à suivre reste simple, à condition de ne pas tarder. Il faut se rendre au service des cimetières de la mairie concernée, muni du titre de concession si possible, ou à défaut des informations permettant d'identifier l'emplacement et le nom du concessionnaire. La demande de renouvellement peut émaner du concessionnaire lui-même ou, à défaut, de ses héritiers ou ayants droit. Un point mérite une attention particulière : le tarif appliqué n'est pas celui payé à l'origine, parfois plusieurs décennies auparavant, mais celui en vigueur au jour du renouvellement. Les prix des concessions ayant nettement progressé au fil des années, la facture peut surprendre. Il est donc utile de se renseigner au préalable sur les tarifs communaux actuels avant de se présenter en mairie, afin d'anticiper cette dépense. Pour les familles qui souhaitent profiter de l'occasion pour agrandir ou modifier la durée de la concession, la mairie peut également renseigner sur les différentes formules disponibles, temporaires ou perpétuelles.
Que devient la tombe si personne ne se manifeste à temps
Passé ce délai de deux ans, le maire n'est plus tenu d'accepter une demande tardive de renouvellement. La concession fait alors retour à la commune, qui peut procéder à sa reprise. Dans ce cas, les restes du défunt sont exhumés puis réunis dans un cercueil de dimensions appropriées, déposé dans l'ossuaire communal, un espace dédié prévu à cet effet dans chaque cimetière. Une exception existe toutefois pour les sépultures de personnes dont l'acte de décès porte la mention « mort pour la France » : si elles sont inhumées en concession perpétuelle ou centenaire, la procédure de reprise ne peut démarrer qu'après cinquante ans suivant l'inhumation. Par ailleurs, une concession ne peut jamais être reprise si la dernière inhumation remonte à moins de dix ans, en application de l'article R. 2223-12 du CGCT. Ce type de procédure n'est pas isolé : la commune de Steenvoorde, dont le cimetière arrive à saturation, a recensé 400 tombes en défaut d'entretien, en état d'abandon ou en défaut d'échéance de concession, et a engagé une procédure de reprise étalée sur dix-huit mois, selon La Voix du Nord. Un signe que de nombreuses communes françaises, confrontées au manque de place, intensifient ce type de démarche.
Face à une pancarte plantée devant une tombe familiale, mieux vaut donc agir sans attendre. Deux ans peuvent sembler longs, mais les démarches administratives, la recherche d'héritiers éventuels ou le temps de réunir la somme nécessaire au renouvellement peuvent vite grignoter ce délai. Une visite rapide à la mairie permet de vérifier la situation exacte de la concession et d'éviter que la sépulture d'un proche ne soit reprise par la commune, faute d'avoir réagi à temps.


