Le 12 novembre 2025 marque la fin d’une époque : Ryanair a supprimé définitivement les cartes d’embarquement papier. Une décision qui bouleverse quinze ans d’habitudes pour des millions de voyageurs et crée de nouveaux enjeux financiers et technologiques.
J’ai imprimé ma carte d’embarquement la veille comme depuis quinze ans : au portique, on m’a annoncé que ce papier ne suffisait plus

Quinze ans d'habitude balayés en une phrase du steward au portique. Le papier plié dans la poche, imprimé la veille comme toujours, ne suffit plus chez Ryanair.
Ryanair n'accepte plus les cartes d'embarquement papier depuis le mercredi 12 novembre 2025. Une date qui a mis fin à un rituel partagé par des millions de voyageurs habitués à l'imprimante familiale.
À retenir
- Une date fixée depuis des mois finalement appliquée sans exception
- Oublier son enregistrement en ligne peut coûter jusqu'à 55€ au comptoir
- Les voyageurs sans smartphone face à une solution imparfaite
Le 12 novembre, la bascule actée par Ryanair
Ce mercredi 12 novembre 2025, la compagnie aérienne a changé radicalement sa politique d'embarquement, en imposant aux passagers l'utilisation d'une carte d'embarquement numérique sur smartphone. Fini les feuilles A4 froissées au fond du sac.
À partir de cette date, les passagers ne peuvent plus télécharger ni imprimer de carte d'embarquement papier ; pour monter à bord, ils doivent utiliser la carte numérique générée dans l'application "myRyanair" lors de l'enregistrement. Le document n'existe plus qu'à l'écran, généré une fois le check-in en ligne validé.
Le calendrier n'a rien d'improvisé. Le moment n'a pas été choisi au hasard puisqu'il coïncide avec la fin de la période des vacances d'automne, un moment traditionnellement moins chargé dans les aéroports.
Un chantier annoncé depuis des mois
La compagnie n'a pas surpris ses clients du jour au lendemain. L'objectif initial était de passer à la seule version numérique dès le mois de mai, avant un report au 3 novembre.
La date finale de mise en place de cette nouvelle règle a finalement été fixée au 12 novembre. Deux glissements de calendrier qui trahissent la complexité technique d'un tel basculement pour 27 pays desservis.
Selon la compagnie, 80% de ses plus de 206 millions de passagers annuels n'utilisaient déjà plus la version papier avant la bascule. Ryanair a donc généralisé une pratique déjà majoritaire, plutôt qu'imposé une révolution.
Ce qui change vraiment au comptoir
La note financière dépend d'un détail que beaucoup ignorent encore : avoir ou non validé son enregistrement en ligne avant d'arriver. Deux scénarios, deux traitements très différents.
Si l'enregistrement en ligne a bien été fait mais que le téléphone tombe en panne, la réédition reste gratuite au comptoir. C'est le cas d'un smartphone déchargé, cassé ou volé après un check-in valide.
La situation se corse pour qui n'a jamais lancé son enregistrement en ligne. Le passage obligé par le comptoir aéroport déclenche alors des frais d'enregistrement pouvant grimper jusqu'à 55 € selon les aéroports.
Cette somme n'a rien d'anecdotique : elle équivaut parfois au prix du billet lui-même sur certaines lignes low-cost. De quoi transformer un oubli en mauvaise surprise budgétaire au pire moment du voyage.
La bonne habitude à prendre avant de partir
La compagnie recommande de télécharger la carte d'embarquement avant de quitter le domicile. Un conseil simple, mais qui change une gestuelle ancrée depuis des années chez les voyageurs les plus fidèles.
La raison est pratique autant que technique : la connexion à l'aéroport peut faire défaut, surtout aux heures de pointe quand des centaines de smartphones cherchent le même réseau wifi saturé.
Mieux vaut donc ouvrir l'application myRyanair chez soi, avec sa propre connexion internet, plutôt que de compter sur le wifi du terminal au moment critique. La carte numérique reste d'ailleurs accessible hors connexion dans l'application une fois téléchargée.
Les voyageurs sans smartphone, le point sensible
Que faire sans téléphone compatible ? La solution proposée par la compagnie reste imparfaite : un proche peut télécharger la carte sur son propre appareil, à condition d'avoir installé l'application au préalable.
Cette réponse a suscité des critiques chez certaines associations de consommateurs, qui y voient une contrainte supplémentaire pour les voyageurs les moins équipés en outils numériques. Une organisation de consommateurs a qualifié cette décision de "pratique discriminatoire" et de "nouvelle étape dans l'exclusion des personnes qui ne possèdent pas de smartphone".
Le débat reste ouvert, mais la règle, elle, ne l'est plus. Pour voyager avec Ryanair aujourd'hui, un smartphone chargé et l'application installée sont devenus aussi indispensables que le passeport.
Une exception qui confirme la règle
Tous les aéroports ne jouent pas encore la même partition. Le Maroc continue d'exiger un boarding pass imprimé, et Ryanair y accepte donc toujours le papier.
Cette exception locale illustre une réalité souvent oubliée : la dématérialisation d'une compagnie dépend aussi de la réglementation de chaque pays traversé, pas seulement de sa propre stratégie commerciale.
Les autres transporteurs low-cost n'ont pas suivi le même chemin, du moins pour l'instant. Chez plusieurs concurrents, l'enregistrement au comptoir reste possible sans pénalité, une différence qui pourrait peser dans le choix d'une compagnie pour les voyageurs les moins à l'aise avec leur smartphone.
Ryanair assume ce virage au nom d'une logistique plus fluide et d'une facture papier allégée pour ses 200 millions de passagers annuels. Reste à voir si d'autres compagnies européennes emboîteront le pas dans les prochains mois, ou si le comptoir d'enregistrement traditionnel gardera encore quelques années de sursis chez les transporteurs plus prudents.
Sources : lavenir.net | guide-irlande.com
