Tout savoir sur le devenir du corps après le décès

Le devenir du corps, après la mort, dépend des souhaits du défunt et de sa famille. Si l’inhumation est choisie, le processus de décomposition du corps se mettra en marche. En cas de crémation, la destination des cendres du défunt respecte ses choix ou ceux de ses proches. Mais il peut être également décidé de faire subir au corps certains soins de conservation ou de prélever des organes, notamment dans le cadre du don d’organes.

Laurene Renaud
Par Laurene Renaud
Corps Après Décès
© iStock

Comment se passe la décomposition d'un corps ?

La première phase

Les "lividités cadavériques" apparaissant sur certaines parties de la peau après le décès sont dues au sang qui, ne circulant plus, s'accumule, du fait de la pesanteur, dans certains endroits du corps.

Puis survient une rigidité caractéristique, provenant de l'accumulation du calcium dans les tissus. Par ailleurs, une tache verte, premier signe de putréfaction, apparaît sur l'abdomen qui, sous l'effet de l'action des bactéries, se met à gonfler.

La température corporelle baisse rapidement, tandis que les bactéries attaquent les organes, ce qui provoque une odeur très désagréable.

La décomposition dans les semaines suivantes

Suite à cette action des bactéries, qui prolifèrent dans le corps, un liquide de putréfaction commence à s'écouler par divers orifices.

Les tissus qui ne sont plus oxygénés, se nécrosent peu à peu. Ils deviennent bruns, puis noirs. Les chairs se décomposent, et la matière organique restante est absorbée par les larves de mouches et les autres insectes qui se développent dans la tombe, puis finit par se détacher du squelette.

Les cartilages et les ligaments s'assèchent alors peu à peu. Dès lors, il ne reste que le squelette, qui finit lui-même par se disloquer et se désagréger partiellement.

Combien de temps faut-il au corps pour se décomposer ?

La décomposition du corps :

  • Commence deux ou trois jours après le décès, si la dépouille est laissée telle quelle et à l'air libre.
  • Prend 2 ou 3 ans s'il est laissé à l'air libre.
  • N'est achevée que plus de 10 ans après le décès, si la dépouille est placée dans un cercueil, a fortiori si celui-ci est installé dans un caveau maçonné.

Quels sont les soins de conservation possibles après un décès ?

La toilette mortuaire

La toilette n'est pas, à proprement parler, un soin de conservation du corps, mais plutôt un moyen de le présenter de façon digne.

Elle consiste à laver soigneusement le corps, à le coiffer et à l'habiller. La bouche et les yeux sont maintenus fermés. Enfin, les orifices naturels sont bouchés avec du coton afin d'empêcher les fluides de s'écouler au dehors.

Les soins de thanatopraxie

Ils désignent ce qu'on appelle d'ordinaire les soins de "conservation du corps", qui freinent, pour un temps, le processus de décomposition. Ces soins, obligatoires dans certains cas précis, et pratiqués par un professionnel, consistent :

  • À nettoyer le corps soigneusement, pour éliminer toutes les bactéries externes.
  • À injecter un liquide spécifique, à base de formol, pour retarder la décomposition naturelle du corps.
  • À habiller le corps et à maquiller le visage, afin de lui donner une couleur plus naturelle.
À noter :
Avant de procéder à ces soins, il est nécessaire d'obtenir l'accord de la commune concernée.

Les méthodes de conservation par le froid

Il est également possible d'utiliser le froid pour conserver le corps :

  • La famille peut ainsi louer des lits (ou des rampes) réfrigérants.
  • Le corps peut être placé dans de la glace carbonique portée à une température très basse. Un procédé qui ne requiert pas d'autorisation particulière.
Bon à savoir :
En France, la cryogénisation, qui est une technique de conservation durable par le froid, n'est pas autorisée. Même si la loi ne l'interdit pas expressément, elle est considérée comme une forme de sépulture. Or, dans notre pays, seuls deux modes de sépulture, l'inhumation et la crémation, sont autorisés.

À propos du don d'organes

Comme son nom l'indique, le don d'organes est gratuit. Il est également anonyme et a des fins thérapeutiques. Il s'agit donc d'un don "pour la vie", selon l'expression consacrée.

En principe, toute personne est censée consentir au prélèvement de ses organes, sauf :

  • Si elle a clairement manifesté, de son vivant, son opposition au don d'organes. Ce refus peut également figurer sur un document, retrouvé dans les papiers du défunt.
  • Si elle inscrite sur le registre national des refus des dons d'organes.

Dans certains cas, la personne décédée possède une carte de donneur, qui exprime, de manière claire, son acceptation du don d'organes. Les médecins doivent cependant s'assurer que la personne n'avait pas changé d'avis.

Si un prélèvement est décidé, le ou les organes concernés sont maintenus en état de fonctionner jusqu'à ce qu'il puisse avoir lieu. Une fois les organes prélevés, le corps est rendu à la famille, qui pourra procéder aux obsèques.

Pourquoi et comment faire don de son corps à la science ?

Le don de son corps à la science n'a pas un but thérapeutique. Il devient plutôt un support pour l'enseignement de la médecine, et notamment de l'anatomie, et pour la recherche médicale. Le corps est alors donné à un hôpital ou à une faculté de médecine par exemple.

Si des personnes font cette démarche, c'est dans l'espoir qu'en faisant don de leur corps à la médecine, elles contribueront à faire avancer la science et à faire progresser la recherche.

La personne désirant donner son corps à la science doit adresser une lettre en ce sens, rédigée de sa main, à un établissement habilité à recevoir le corps. Elle recevra, en échange, une carte de donneur spécifique.

Le transport du corps vers cet établissement doit être signalé, par une déclaration écrite, à la mairie concernée.

Quand se terminent les travaux de recherche effectués grâce au corps, celui-ci est incinéré aux frais et par les soins de l'établissement. Comme le don est anonyme, la famille ne peut ni participer à la cérémonie ni récupérer les cendres du défunt.

Laurene Renaud

Titulaire d'un master en Economie et passionnée de sciences sociales, je me fais aujourd'hui un plaisir de vous informer et vous conseiller sur tous les sujets touchant aux retraites : pension, conseils, investissements, ...

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